Le SEO, ce lanceur d’alertes next gen

« O.M.G la r’voilà en train de parler d’eux ! Va-t-elle dire des vilenies, ou cherche-t-elle des backlinks ? »

Même pas, ma caille… Ce billet n’était pas prévu sur ma petite liste, et il relève plus du billet de réflexion que d’information, ou je sais pas quelle autre catégorie. C’est en blaguant à propos d’un tweet de Christian Méline, qu’une conversation s’est lancée, et a donné cette petite idée :

S’en suit une discussion :

La discussion, vous vous en doutez (cliquez pour en savoir plus, vous êtes grands), porte sur deux faits : Google peut-il tout se permettre sur ce qu’il rend, ou non public ? Et de mon côté, cela fait naître une idée folle… L’idée que mon pote SEO c’est pas juste un blaireau (Noraj de mon rimaj !)

Mais avant de commencer, il me faut rappeler :

[Disclaimer : J’suis pas SEO, j’ai pas la science infuse, et j’m’en ballec de donner mon avis sur un sujet qui ne relève pas de mon expertise. D’ailleurs, si toi t’es expert, t’as qu’à te sortir les doigts du cul pour les poser sur ton clavier et participer à la réflexion. Sinon ? Bah tu peux fermer ta gueule, on te retient pas.]

Google joue les prudes, et même avec moi ça marche pas

 

Ça n’a échappé à personne, mais ces derniers temps, Google nous la joue « p’tite pucelle rougissante » dès qu’il est question de donner un peu de stats. C’est-à-dire que la donzelle, elle nous ferme à peu près tout, nous colle soi-disant des pingouins dans la face (en jouant à cache-cache), et autres bestioles qui – on ne s’en étonne même pas – sont menacées d’extinction irl.

Et donc ça fait quelques temps que je vois sur mes RS des SEO en PLS (Noraj, j’tai dit !), parce que ça devient de plus en plus la merde de savoir qui-qu’a-fait-quoi-et-comment.

On sait plus trop qui vient. À partir de quoi. Qui cherche, et pour combien… C’est-à-dire qu’en fait : Google ferme tout, ou presque, et met toute personne utilisant ses outils (personnes, ou outils, justement…) dans une belle merde. On ne sait pas trop comment mesurer les choses maintenant.

C’t’à dire ma caille qu’aujourd’hui : les « fameux algo opaques, pas certains, etc. » sont plus ou moins en temps réel dans la machine + les données sont masquées façon « vous utilisez un bloqueur de publicité, mais si, j’t’ai vu gros bâtard » + les nouveaux changements d’intégration des contenus et des réponses dans les SERPS.

Genre, tu demandes la météo, t’as même pas fini de taper ça dans ta barre, que GG te répond direct.

En gros, le néophyte qui risquait déjà pas de biter grand-chose, se retrouve désormais comme une poule devant un couteau, ou un stagiaire devant une fiche de paie. Mais notre Noob n’est pas le seul impacté…

Ta tadan tatatata TADAAAAM !

 

Et c’est là que notre bon vieux SEO intervient, avec sa belle capeline en mousseline, son slip par-dessus… Ah non, juste en slip, en fait. BREF ! Notre potos il arrive, et pour la frange qui ne se contente pas de spammer son lien en ricanant dans sa piaule décrépie, notre potos donc, il pète un câble ! Pourquoi ?

Parce qu’il ne peut plus faire son taff, mais pire : il ne peut plus faire sa mission-top-secrète : sauver les Internets.

Seo spamLe SEO spamme Google. C’est un fait. Lui et la firme sont de gros emmerdeurs sur l’autoroute de la liberté d’accès à l’information. J’veux pas spoiler Le bouquin « Google Nation »de Thomas Leonetti (bisou ma couille), mais en gros : Google est une boîte de nuit super hype, où le SEO joue plus ou moins le VIP qui fait aussi office de videur.

À force de manipuler le truc, et de tout pousser en page 1, le SEO repousse les « vrais » sites, les petits sites, et fausse complètement la notion de « C’est celui qui sait le mieux s’y prendre qui y a droit ». Aujourd’hui, c’est même plus une question de taille, mais plutôt « T’as une Gold, ou une Platine, bébé ? ». Donc, théoriquement, le SEO est un peu le bourreau des Internets (je le mets au pluriel si j’veux, au fait), mais il est aussi son sauveur.

Jusqu’ici, entre nous (utilisateur) et Google, on n’avait pas beaucoup d’intermédiaires.

Comptez pas sur la CNIL, encore moins sur nos pouvoirs politiques (Pas mieux du côté de l’Europe – coucou les cadeaux fiscaux !) ; comptez sur personne pour comprendre et ne pas vous faire enculer par Google.

Oui, oui, OUI : vous pouvez utiliser Qwant (c’est cadeau aussi), sauf que soyons francs, dans l’immédiat… Vous ne le faites pas, et professionnellement (chez les manipulateurs) c’est à peine pris en compte dans les stratégies (plus que Bing, j’en suis certaine, mais c’est pas un exploit :p)

Donc, actuellement, personne ne vous explique, ni protège contre Google. Et si, vous en avez besoin.

Vision laser de l’espace pour analytics qui périclite

(Vous devez kiffer mes sous-titres, j’en suis certaine)

Quand vous avez une question. Vous faites quoi ? Jouez le jeu, et on va dire directement que vous demandez à Google. J’vais pas vous faire le remplissage d’article de base en disant que c’est devenu un verbe (ah merde…), mais en gros : Google est ton ami.

On est en Démocratie, hein ? L’accès à la culture, à l’information, aux faits est suuuuper simple, hein ? Nan, mais jouez l’jeu aussi… !

Bon. Donc on dit qu’on est en démocratie, et que sur le sujet « Barack Obama est-il un reptilien », vous pouvez encore vous interroger. Vous cherchez ça dans Google… Et vous avez vos SERP. Oui, tout à fait, je viens de vous réexpliquer le fonctionnement de GG. DONC : vous avez vos résultats qui disent :

Obama est-il un reptilien ?

Et là… Vous faites quoi ? Vous pensez légitimement que les premiers liens sont les meilleurs, les + vrais de vrais, hein ? Mais au nom de quoi ? De qui ? Qui dit que c’est bien ?

Les algos ? Les bidouillages de SEO… ? AH AH ! Vous voyez le souci ? Google N’EST pas une encyclopédie démocratique, belle, et impartiale. Wikipédia est tellement plus fiable, qu’il serait temps de commencer à flipper sa mémé de l’hégémonie de « la firme du panda », vous ne croyez pas ?

Leçon d’anatomie

 

Si vous n’avez plus accès aux chiffres, aux données, si vous ne pouvez plus ouvrir le corps de votre PROPRE site (analytics), ou le corps de votre propre thématique (avec les volumes de recherche, etc.), vous ne pourrez plus manipuler ces corps… Ni comprendre le monde dans lequel vous vivez.

Discussion Christian MelineVous vous exposez bêtement à donner non seulement les moyens à ce corps de vivre (vos données de nav’, etc.), mais en plus à sa tête (Google) de jouer avec vous comme des pantins. Ce qui sera sur la 1ère page en mode « c’est CA qui est vrai » ne dépendra que de chiffres obscurs et de calculs non-moins obscurs que plus personne, ou presque, ne comprendra.

Je dramatise, calmez-vous ceux du fond. Mais ce que j’essaie de dire, c’est qu’aujourd’hui, le SEO a un rôle très important dans cet éco-système : en manipulant cet outil, il permet de tester les limites et de définir les contours qui forment cet ensemble. Un peu comme les connards qui jouent en ce moment à faire tomber le Net. Au petit bonheur la chance, le SEO teste, apprend, comprend.

Mais moins il peut ouvrir le corps, moins il pourra comprendre ses mutations… Et alors ? Et alors qui va s’en charger ? Qui, si Google va trop loin, pourrait alerter « les autorités » ?

J’dis pas que notre SEO a forcément conscience de ces notions, ou qu’il soit très engagé (quoi que je crois profondément que les « vrais », se souviennent d’Internet et de ses fondements) ; mais quoi qu’il en soit, laisser à Google la possibilité de faire ce qu’il veut et tout verrouiller, c’est le meilleur moyen pour le laisser trifouiller en arrière-boutique, sans qu’on ne sache rien.

Monsanto n’a qu’à bien se tenir

Et l’analogie n’est pas anodine.  On aime bien gueuler sur ce qu’il y a dans nos assiettes. On aime bien dire « hey, oh ! Je veux savoir ce qui se passe dans vos abattoirs, non mais oh ! » Et c’est une bonne chose que le con-sommateur commence un peu plus à sommer d’avoir des réponses.

Mais il serait peut-être bon de ne pas croire que nous ne sommes que des corps à indice de masse corporelle à maintenir dans les normes. Nous sommes aussi des cerveaux (enfin, j’parle surtout pour moi, vous emballez pas), et un esprit a pour nourriture la connaissance.

Google est à l’information ce que Monsanto est à l’alimentation : on sait pas trop ce qu’ils foutent dedans, ni comment c’est fabriqué ; on ne sait pas encore les conséquences sur la santé, mais ya déjà un putain de lobbying dessus, avec masse de thunes en circulation.

De quoi créer toutes les conditions d’un putain de drame à échelle humanitaire…

Rigolez pas, mais dans mon tableau, oui : Le SEO peut revêtir les oripeaux d’un militant « Greenpeace », même moi ça me fait peur, mais je tenais à le dire…

 

 

 

 

Camille Écrit par :

Actuellement : Zerg de mauvais poil Evolution ultime : Mutalisk relativement polie Vend les mots comme du bétail, prostitue les idées, et maltraite son clavier. Ecrit parfois pour de vrai, quand on lui fout la paix.

7 Comments

  1. Chat du Cheshire
    28 octobre 2016
    Reply

    Bon, je reprends.

    Je ne nie pas que Google collecte les informations. Je ne nie pas qu’il dispose de forme d’IA étudiant les habitudes. Je ne nie pas qu’il effectue tout un tas de choses comme le classement des URI selon des intérêts plus que suspect et personnel.

    Je m’interroge juste sur cette espèce de frénésie.

    Lorsque je vois des gens s’en plaindre, je ne le comprends pas vraiment. S’il est numéro un, c’est que nous – les gens – le lui avons permis, pire, le lui avons demandé. Il n’a pas occupé les routes existantes d’un péage, il a construit ces routes permettant de trouver les sites et de, dans les ténèbres, les lier. Existait-il un véritable prédécesseur à Google ? Pas vraiment. Qui se souvient encore de la mode des ring nous permettant alors d’aller de site en site ? *nostalgique*

    Ce n’est pas une raison pour l’en remercier, ni de l’idolâtrer. Mais néanmoins, il a ses concurrents : Binq, Qwant et combien d’autres ? Mais encore ça… C’est une chose. On pourrait me rétorquer qu’eux aussi œuvrent de la sorte, et c’est vrai. Le souci de fond, c’est l’anonymisation de la connexion et des données transportées via le serveur d’entrée, les DNS utilisées et les méta-datas de la requête Web, le User Agent quelque part en sommes. Mais là, je m’égare.

    Oui, Google est un produit dont nous sommes le produit. C’est très factoriel tout cela mais il n’en reste pas moins que Google est propriétaire de son logiciel et qu’il fait bien ce qu’il veut avec… et nous aussi bon sang ! Car comme je le dis plus haut, rien ne vous interdit de passer par ailleurs, rien ne vous interdit de vous cachez.

    Comme tu le disais Camille, nous sommes en démocratie (ceci est un autre sujet mais…) et c’est aux gens de décider de leurs outils du quotidien. Ce qui permettra auxdits outils de se développer et d’offrir une alternative viable. Il faut former l’internaute, simplement, et arrêter d’y placer une forme de complot à tendance dominatrice du grand Internet, sans quoi on va vite voir débarquer les Illuminatis dans les discours. Et c’est là le dur labeur de la Quadrature, que je remercie pour leur sueur et leur sang versé. <3

    Et sinon, comment expliqueriez-vous que Google soit persuadé que je suis une femme ? 😉

    • 28 octobre 2016
      Reply

      Je suis totalement d’accord sur le fait qu’on a joué un peu trop aux rois humains, et qu’on se retrouve comme des cons à n’être que des Nazgûls (c’est quand je vois ce genre de commentaires, que j’suis trop contente d’écrire ce genre de papiers ^^) ; en revanche, je ne sais pas si le fait que cela soit également de notre responsabilité nous permette d’accepter ou nous oblige à accepter le silence et l’opacité grandissante de la firme.

      Si, fut un temps, il y avait autre chose (j’ai fait ma première requête sur Lycos, ou Voilà, j’sais plus), et j’ai mis beaucoup de temps à me faire à Google. Ce qui a fait la différence (pour moi) a été le choix proposé à l’époque. Au bout d’un moment, GG proposait plus de choses. Certes, il y a des alternatives, mais elles jouent pour le moment la transparence (pour celles qui le font d’ailleurs) que dans le but de capter les utilisateurs, et donc, les données. Les moteurs de recherche ont autant besoin de l’Homme, que l’inverse, d’ailleurs ! On est en plein « Matrix », j’pense que là-dessus toi et moi sommes totalement d’accord.

      En revanche… Non, on ne peut pas accepter tout de leur part. Oui, je suis d’accord, la consommation permet d’impacter les firmes, et de changer les moeurs, je suis réellement de ton avis sur l’idée que l’utilisateur doit redevenir un acteur conscient de ses outils et de leur impact. Cela dit, cela ne dispense pas les autorités d’encadrer ces outils et entreprises. Comme je l’avais marqué sur Twitter : on ne peut pas toujours laisser les libertés, et les droits nationaux être supplantés par des droits économiques.

      Si l’on prend l’exemple de la censure sur Facebook, Twitter, etc. Un téton féminin dégage, quand des incitations claires à la haine (raciales/sexuelle/religieuse…) pullulent « dans le plus grand des calmes ». Pourquoi ? Parce que (arrêtez-moi si je me trompe car je suis pas juriste, j’ai peur de dire une connerie) les lois Américaines priment et elles, contrairement aux nôtres, ne posent pas de limite à la liberté d’expression.
      Du coup : est-ce qu’on continue de voir ces outils comme étant la seule propriété des entreprises à l’origine de ceux-ci, avec l’application des lois des pays dans lesquels sont implantées ces boîtes, ou est-ce qu’on envisage la possibilité que devant l’hégémonie de ces outils il y a l’impératif de réfléchir et de légiférer collectivement ?

      Donc pour résumer : oui, fondamentalement les utilisateurs sont les vrais détenteurs du pouvoir, etc.
      Mais non, ils sont trop cons et fragiles, et pas assez puissants (on peut dire « et », ou « ou ») pour rivaliser avec ces division panzer blindées (mouahaha) de thunes. D’où – pour moi – la cruelle obligation de devoir contrôler un peu plus ça.

      Sur ton PS : Les clichés sexuels – sur lesquels se base Google, j’en suis persuadée – sont un vrai fléau. Avant que je ne ferme totalement l’accès à ça, d’après mon profil détecté par Google, j’étais un homme de 15 ans. Ca vient de mes fréquentations de sites… Infos, cul, jeux vidéo, … Rien de très « Marie-Claire » et autres « Doctissimo-est-ce-que-je-suis-enceinte-après-avoir-mangé-du-quinoa ».
      Et ça, c’est un autre débat que je trouve graaave passionnant : qui de Google (ou de l’industrie en générale) ou de nous est le plus influent ? L’oeuf ou la poule ? Les clichés sexistes sont-ils clichés, ou sont-ils réels… Poussant au clichés ?

      J’veux pas rentrer là, dedans, parce qu’on va dériver un truc de sa mémé, mais je veux bien qu’on pose la question d’un point de vue purement technique ^^

      PS : Sur la question de l’impact de Google… Je le redis, mais le bouquin à venir de Thomas Leonetti est à lire !

  2. 3 novembre 2016
    Reply

    Salut Camille,

    Ca fait un sacré moment que certains SEO lancent des alertes, sans toutefois se définir comme tels. Il faut aller voir du côté de Papy Spinning par exemple https://www.webcontentspinning.com/
    De mon côté j’avais lancé un site pour promouvoir (en référençant les sites web qui mettaient en ligne le bloc de recherche fourni par le moteur) les utilisateurs du moteur français Exalead suite au concours SEO loupanthère. J’ai fini par laisser tomber.
    Je pousse Qwant, je pousse la Quadrature du Net, et toutes les initiatives comme celles de Framasoft pour Dégoogliser le web. Et dans mes billets je commente la relation référenceurs / Google dont tu parles ici aussi.

    • 3 novembre 2016
      Reply

      Salut Yann !

      Merci pour ces infos et ces liens, je materai ça à l’occas’ parce que c’est un sujet à la fois passionnant et important. J’ai vu passer il y a peu un billet qui s’interrogeait vachement sur ce que foutait Google en ce moment (sur le ton du « Mais WTF ? Il a craqué, ou c’est moi ?), et j’vois que je ne suis pas la seule à me dire que ça prend de drôles d’orientations…

      Ou bien est-ce nous qui n’acceptons plus… ?

  3. 2 janvier 2017
    Reply

    Bonjour,

    Je viens tard mais le sujet m’intéresse.

    J’ai beaucoup de mal avec la fait de dire que les SEO soient des lanceurs d’alertes. C’est plus une volonté d’évangéliser le métier qu’une réalité selon moi.

    Je comprends bien tu grossis le trait mais il faut bien comprendre que fondamentalement les SEO ont des objectifs tout aussi pécuniers que Google, de manières générales ils geulent quand Google ne va pas dans leur sens à eux et non aux utilisateurs spécifiquement.
    Je te prend un exemple très simple : le « not provided », les seo ont gueulé (moi le premier même si je regrette un peu maintenant) pourtant cette action de Google garanti plus le respect de la privacy aux utilisateurs, comme quoi… Cela dit en terme d’intérêt pour les SEO c’est autre chose.

    Concernant le fait que les « vrais » SEO connaissent les fondements d’internet etc..
    Là encore attention, de manière général dans les métiers de l’informatique et du web, tu trouveras beaucoup plus de gens instruit sur ce qu’est internet et sensibles aux questions soulevé notament par la quadrature du net ou sur la philosophie du libre (logiciel libre).
    Mais c’est loin d’être une spécificité du SEO, et encore moins ce qui fait un bon SEO, c’est comme tout métier : il y a la compétence et l’éthique. D’ailleurs dans le millieu du marketing les logiciel (SEO compris), les logiciel se font selon un business modèle et non selon l’utilisateurs, 80% des logiciel SAAS n’ont pas d’intérêt autre que pécunier à être en SAAS mais bon je m’égare…

    Par ailleurs : les développeurs sont bien plus sensibles à ces questions de manière général que peuvent l’être les marketeux, c’est un constat qui s’explique facilement et pas une attaque, encore une fois je me tire une balle dans le pied dans un sens puisque je suis SEO mais c’est normal qu’un informaticien pur et dur soit plus « instruit » sur ce qu’est internet qu’un marketeux.

    Le SEO fera toujours le jeu de Google tant que Google sera un monopole d’ou mon problème avec le fait des nous évangéliser. Il ne faut pas voir de contre pouvoir chez nous ou de lanceur d’alertes. Ca ne fait pas de nous le diable non plus, nous sommes esclaves de Google comme le sont les annonceurs chez Adwords tant que Google est en position de monopole. Le business modèle de Google est fait de cette orienté uniquement utilisateurs, tant que les utilisateurs sont content, ils seront là, et tant que les utilisateurs seront là les clients de Google seront là, en ce sens contrairement à nos métier, Google n’a pas besoin de fidéliser ou de faire des fleurs à ses clients car ils dépende de lui.

    Concernant le fait que Google ne donne plus la visibilité sur les volumes de recherches, je trouve ça mesquin deleur part même si je comprends aussi le fait qu’on se disent : c’est leur bon droit car je le croit aussi. Je ne suis pas du tout d’accord avec la métaphore de Christian Méline sur l’autoroute, elle n’est pas logique à mon sens. Par contre ça pose pour une fois un sérieux problème côté SEO contrairement au not provided.

    Dans les fait le fait que Google nous caches certaines informations ou non ne change pas « le game ». Dans un jeu à information manquantes, si on joue tous selon les même règles, il y aura toujours une stratégie gagnante qui doit être promu par le SEO pour gagner. Le problème ici, c’est pas tellement le fait d’avoir accès ou non à l’informations mais que cela dépend du fait qu’on ait accès à un grand compte Adwords. C’est comme si ont jouait au poker, et que si je donne un jeton de plus au dealer, il me permettent de voir la river alors que je suis au turn (les joueurs de poker comprendrons). Je me dit que les outils type semrush & co vont vite s’adapter récupérer l’information et la redonner au plus grand monde mais bon dans le principe c’est problématique.

    Payer sur Adwords devient un avantage en SEO contrairement à avant et c’est une première. Ils font ce qu’ils veulent soit mais jusqu’ici, ils ont tout fait pour ne pas avantager en SEO et ceux qui payent sur Adwords, j’ai géré les campagnes Adwords d’un grand eCommerce français pendant 3 ans avec des budgets énormes, je peux vous dire que nos account manager nous envoyait chier dès qu’on posait une question qui traitait du SEO, comme quoi cette éthique existe pourtant bel et bien chez eux.

    • 2 janvier 2017
      Reply

      Salut !

      Ca me fait bien plaisir d’avoir l’avis d’un SEO sur le sujet. J’ai une opinion qui est basée sur ce que je perçois de mes différentes connaissances (qui sont du métier) et aussi du métier en lui-même depuis ma fenêtre.

      Je vois ce que tu veux rappeler pour le SEO, et je suis d’accord : il est là pour se faire du pognon, mais c’est une vision que l’on connait beaucoup, voire que l’on reconnaît très aisément. Ce qui m’intéressait dans ce propos, c’était la capacité d’analyse et d’apprentissage que peuvent fournir les gens du métier. Parce que finalement, peu importe la visée réelle de leur expertise, sa simple présence assure quelque part qu’il reste au moins des gens pour surveiller ça et le comprendre. Bon, je me paraphrase un peu, mais j’ai le droit.

      Je ne suis pas d’accord pour l’exemple du not provided : le respect de la privacy n’est pas du tout garanti. Au final, VOUS (et tout utilisateur d’Analytics) n’avez plus accès à ces données… Mais Google les collecte et les stocke toujours. En ça, ce n’est pas tellement une avancée, c’est même une rétention de données. Une sorte de drapeau planté dans la parcelle de data, si je puis reprendre l’analogie des concessions minières lors de la ruée vers l’or. Parce que je pense que c’est plus ou moins son équivalent aujourd’hui : une nouvelle richesse aux portées toutes à la fois vitales pour l’Humanité et catastrophiques (mais pour le coup, j’aurais pas le temps de développer en commentaire).

      Sur la partie sur l’essence même du SEO, encore une fois, j’ai tenu à proposer une vision positive pour changer de celle que j’ai souvent présentée ici. C’est pas à moi qu’il faut dire que ya une belle tripotée d’archi-connards, en somme ^^ En revanche, je reste tout de même persuadée qu’à l’instar des poisons qui sont aussi remèdes, les SEO (ou toute autre profession dans le genre) portent en eux le germe de l’alerte. Tu prends le parcours de Snowden, par exemple… Ca n’était pas un lanceur d’alerte né, pétri de bonnes intentions, et tout le reste. A la base, il vient du système qu’il dénonce. Et c’est ce que je veux dire : il y a une vraie porte d’accès manuel, en gros.

      En revanche, sur le fait que vous êtes les techniciens de Google, au même titre que nous tous en sommes le carburant : nous sommes parfaitement d’accord. J’ai voulu fut un temps faire un billet sur le « petit jeu de dessin » de Google, mais je ne voyais pas quoi dire de plus qui avait été dit. Cependant, c’est très net via cet exemple : Google ne cherche pas seulement à apprendre à reconnaître et lire nos dessins… Il y cherche à comprendre notre façon d’associer une idée à un dessin. Et donc, à comprendre comment l’Humain représente les choses, et donc : à nous comprendre fondamentalement. Ca n’est d’ailleurs pas pour rien que la plupart des analyses psy poussées comportent des phases de dessins et de description d’images (et je ne parle pas seulement du test de Rorschach). Mais je m’égare encore en explications longues : je voulais dire ici qu’il serait fou de voir Google comme fonctionnant autrement qu’en symbiose avec tous ses utilisateurs, concurrents et détracteurs.

      Et je comprends bien ton analogie avec le poker, mais au final c’est la banque qui gagne quand même. Quoi que je pense que ce n’est pas la river en entier que tu vois, même en premium. Du moins, j’pense que GG fait encore de la rétention.

      Pour Adwords, je reste complètement convaincue que ma petite blague de l’année dernière est vraie, et que j’ai du nez devant une évidence : Adwords est le but final, et le SEO est l’outil utilisé par Google pour le vendre à tout le monde. C’est mon côté « j’crois toujours à mon complot du pingouin » (ceux qui ont lu Divide savent), mais en plus d’adorer cette idée retorse personnifiant l’entité, j’trouve que ça pourrait se tenir.

      Et puis sinon, ça fait un très bon sujet d’histoire.

      Bref, entendons-nous bien : je ne sacralise pas du tout le SEO. On m’a d’ailleurs plutôt fait le reproche inverse, en particulier l’année dernière au vu de mes différents billets. Ce qui me fait dire que le SEO ne sait pas lire, mais c’est un autre sujet. Cela dit, tu ne m’enlèveras pas de l’idée qu’il y a dans votre profession des gens parfaitement au courant qu’ils font un business qui demande de garder un oeil sur ce merdier, et qui parlent « au gens normaux » de tout ça. J’ai un nom en tête, avec même le titre d’un livre que je dois lire (car je n’en connais que le brouillon), mais l’un de vos confrères proposait au commun une vision qui allait plus loin que la rubrique « tech » de « Telerama », tout en étant accessible aussi. Bref, je pense que c’est un volet, une graine, une essence qu’il ne faut pas étouffer derrière l’image déplorable de la profession.

      Et je ne peux pas toujours dire des choses méchantes sur vous. Un méchant d’histoire, ça se chouchoute, sinon faut en trouver un autre ^^

      En tous les cas : merci de ton long commentaire !

  4. 2 janvier 2017
    Reply

    Je comprends mieux ta démarche vu le contexte, je n’ai pas lu tous tes articles mais je devine pourquoi tu disais que les SEO ne savent pas lire et je te donnerais même surement raison haha.

    Tu abordes plusieurs sujets mais je vais réagir juste sur le not provided puisqu’on a un gros point désaccord.

    Dans un premier temps, bien entendu, je ne dis pas que le not provided règle tous les problèmes de privacy côté Google loin de là, je dis simplement que ça va dans ce sens.

    En réalité c’est tout à fait normal que Google ait l’information, de base sur un serveur quelconque sans même avoir à développer quoi que ce soit, toute action effectué est enregistré, pareil pour ton site.

    D’ailleurs Qwant aussi à cette information sur son moteur mais ne la transmet pas. Ce n’est pas de la rétention d’information en soit, quand on parle de rétention d’information, on sous entends que Google devrait cette information aux webmasters mais non !

    Il s’agit simplement de se dire que si je suis le webmaster de trucmuche.com, de quel droit je dois savoir ce que l’internaute à fait avant d’arriver sur mon site ? il n’était pas chez moi ! Qwant va même plus loin en ne donnant même pas le referer aux webmasters, même si on a du trafic.

    Sur Qwant on ne sait rien, on a tout de classer en « accès direct » ! C’est pas de la rétention, après tout, si un internaute viens sur mon site, en quoi ça me regarde qu’il était sur youporn avant ?

    Pour faire une petite analogie, imagines qu’un site est un magasin, lorsque tu visite un magasin : que le vendeur soient au courant des produits que tu lui achète ou des rayons que tu as arpenter c’est pas choquant, peut-être même qu’il a mis de caméra pour voir ce qui se passe dans son magasin. Là ou ça devient problématique c’est quand au moment de poser le premier pied dans son magasin, le vendeur sache où tu étais avant, ce que tu as fait de ta journée, avec qui tu as parlé…

    C’est aussi pour ça que de grand défenseur de la privacy ne mette pas les boutons partager des réseaux sociaux sur leur site. Parce qu’appeler une image de facebook.com sur son site, c’est donner l’information à Facebook de la page que tu visites. Un facebook sait ce que tu fais en dehors de facebook du fait de ses widget, et il le sait même si tu n’as jamais eu de compte facebook et donc accepter aucun contrat d’inscription.

    Le webmaster qui bloque l’envoi de ces informations auprès de facebook ne fait pas de la rétention, il protège simplement ses utilisateurs.

    Pour le coup il en va de même pour le not provided si on est totalement honnête même si ça nous arrange pas nous les webmasters et les SEO, on se doit d’être honnête là-dessus ou alors Qwant fait de la rétention aussi alors.

    Ton analogie parait sympa avec le drapeau planté de Google mais c’est vraiment faussé selon moi, ces informations sont celles de particuliers et pas quelque chose que tout le monde doit avoir. Aussi, je me demande si il y a pas une mauvaise compréhension alors juste pour être sur : le not provided n’empêche pas de savoir quels mot-clé sont mènent vers son site, on a cette information sur la search console, le not provided empêche d’associer une session à une recherche de mot-clé et c’est ça qui est dangereux. En d’autre termes, sans le not provided, si tu t’inscris sur un site à moi, je sais exactement toutes les recherches toit Camille tu as faites sur Google toutes les fois ou tu as atterri sur mon site. Les statistiques global x clics, x impressions sur tel ou tel mots, ça Google comme Qwant sont près à les partager et ils le font. Mais savoir quel que Léa Dupont 22 ans à chercher « remède pour la chiasse » en couplant session et mots-clés Google, ça c’est tout de suite plus inquiétant.

    Cela dit, je ne dis pas ça pour dire que Google est un grand défenseur de la privacy, il le fait aussi quand ça l’arrange surtout ! Vu tout ce qu’il fait à côté je ne me ferait pas son avocat.

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