Esclavagisme moderne et colons 2.0

Ça tombe tellement sous le sens et c’est si banal que plus personne n’en parle. Le colonialisme est loin d’être terminé, et l’époque de l’esclavage, du commerce triangulaire, et de l’Homme blanc soumettant l’Homme « De sous l’Equateur » est toujours actuelle. Si l’on écarte le fait que payer quelqu’un ne permet pas d’éviter l’expression d’esclavagisme, alors oui, je le dis : nous nous prenons encore pour les rois du monde.

Madagascar, n’oublie pas qui est ton Maître

Vous me voyez venir ? C’est très bien, vous allez rester et réfléchir un peu. Vous vous souvenez de mon article sur les prix en Rédaction Web ? Reprenons certains prix « Malgaches ».

  • 1€/100 mots
  • 1,10€/100 mots
  • 2€/100 mots

Peu importe, ça va jamais très loin. Passé 4€/100 mots, l’Homme blanc ne va pas payer de toute façon. Mais je ne cherche pas à attirer l’attention sur les prix. Je l’ai déjà fait, vous savez ce que j’en pense, et je continuerai de chier à la gueule des gens qui cautionnent ça. Non, le problème est autre.

Il est ethnique, historique et culturel.

Aujourd’hui, que cela soit dans le Web, ou même dans l’industrie en général (entendons-nous bien), nous avons gardé le même rapport qu’hier aux pays se situant de l’autre côté de la méditerranée. Outre le fait que l’on semble avoir un vrai problème avec les barbus basanés, nous gardons en tête que Madagascar et le Sénégal (pour ne citer que ces pays), ne sont que des viviers de richesses à moindre coût.

Mais nous ne voyons pas cette richesse d’un bon œil, attention ! Elle n’est là que pour réduire nos coûts de production. Rien de plus. Parce que, et je parle que de certains domaines et propos que je connais bien : ce sont des richesses de merde. Oui, le Malgache fait un travail de merde.

Ce n’est pas un avis personnel, c’est un « fait » sur lequel tous les consommateurs de ces productions s’accordent. Du genre « Je paie pas cher de la merde, et j’ai pas honte, olol² ».  Double sentence du coup pour ces professionnels d’Afrique (toujours pour ne citer qu’eux) :

  • Exploités (je vous renvoie à la définition de ce mot…)
  • Dévalorisés

En plus de ne pouvoir gagner leur vie dignement, on leur enlève jusqu’à leur qualité.

« Le Malgache ne fera jamais rien d’autre que de la merde… Pas parce que je le paie mal, parce qu’il est Malgache. »

C’est raciste, ça n’est pas assumé (parce que l’Homme blanc n’assume pas grand-chose, encore moins sa médiocrité), mais c’est peu ou prou le discours que l’on peut lire/entendre. A croire que nous autres pensons que l’Empire n’est pas tombé et que « la Doudou » doit encore se mettre à genoux.

mascaron-africaine-bordeaux

Pourquoi c’est grave ?

Même si j’enfonce une porte ouverte qu’on aime bien oublier (avouons-le, on sait tous que ce que je dis est vrai), je pense que ça ne fait pas de mal de rappeler que nous sommes de gros enculés quand même.

Chaque fois qu’on va préférer payer quelqu’un une misère, en dévalorisant (par ce simulacre de paiement et par les mots) son travail et son être, on va perpétuer une vieille tradition colonialiste : en dehors du Chrétien Européen, le reste n’est bon qu’à être dominé et exploité. On démontre juste notre inhumanité, notre incapacité à évoluer, à nous améliorer. On est au 21ème siècle, et on pense encore qu’on a des pays qui nous sont inféodés. Certes, en France, on croit encore  que le bon Jésus doit dominer toute Marie-couche-toi-ici-et-ferme-la ; mais j’ai du mal avec cette idée que l’on puisse se vanter de faire du « biz » comme ça.

Et cela apporte quoi ? Rien. Si l’on est obligé de tirer les prix vers le bas, quitte à acheter « de la merde » (et donc à vendre de la merde à nos clients…), c’est qu’il y a un problème avec notre économie, notre marché, et peut-être même notre business.

Et ?

Et ça tire tout le monde vers le bas. Reprenons Internet : en abolissant les frontières (mais pas trop, faudrait pas qu’on se mélange non plus), on oblige l’Europe à s’aligner sur l’Afrique, par exemple… Alors qu’on devrait tendre vers l’inverse. C’est pas du bullshitage de gauchiste assumée. Même si je m’assume. C’est du bon sens. Si tout le monde fait du bon biz, on génère plein de richesses, on consomme tous, et toute la roue économique fonctionne.

Mais il faut bien que ma boîte vive !

Ouais, comme ces mecs que tu sous-payes. Comme ces pays vampirisés. Mais tu le leur refuses. Je dis « tu », parce que je préfère me démerder toute seule plutôt que de sous-payer quelqu’un pour faire quelque chose.

Reprenons les textes : si je ne leur accorde pas plus comme valeur que 1€/100 mots, je ferais mieux de demander à un bot de me les rédiger. C’est moins hypocrite, et tout le monde s’y retrouve.

Alors, oui, en France c’est cher. Mais en France, c’est cher parce qu’on est un pays riche. Un pays où il fait bon vivre. Si t’es pas d’accord, tu peux te casser, personne ne te retiens, rentre-toi ça dans le crâne une bonne fois pour toutes.

Ces pays ne pourront évoluer s’ils n’ont pas les mêmes choses que nous. Le Sud de l’Equateur n’est pas l’usine du Nord du Monde. Ça n’est pas une poubelle, une mine d’or, ou une gigantesque « Casa de main-d’œuvre ».

Sous-payer, sous-évaluer, dénigrer ; c’est les soumettre. C’est faire son connard de colonialiste moyen.

« Ouais, mais ça les fait vivre ! »

Ouais… C’est probablement ce que les Maîtres d’hier se racontaient aussi…

Et pour aller plus loin de façon très cynique (proposant un paradoxe à ce « beau discours » et à ses enjeux), je vous propose de lire cet article de Régis Debray, publié dans le Monde Diplomatique en… 1978.

Camille Écrit par :

Actuellement : Zerg de mauvais poil Evolution ultime : Mutalisk relativement polie Vend les mots comme du bétail, prostitue les idées, et maltraite son clavier. Ecrit parfois pour de vrai, quand on lui fout la paix.

29 commentaires

  1. Thomas Cubel
    22 juin 2016
    Répondre

    Hello,

    C’est le gros problème du déséquilibre Nord/sud. Personnellement, je ne cautionne pas du tout de payer quelqu’un une misère, que ce soit en France ou à Madagascar. On paie bien pour des paquets de clopes qui nous tuent à petit feu bien 7 ou 10€ par paquet.
    Bel article qui résume bien la situation. Pour avoir déjà discuté avec des personnes à Madagascar à ce sujet, ils nous prennent souvent pour Dieu.

    • 22 juin 2016
      Répondre

      Yo !

      La fin de ton commentaire fait partie des raisons pour lesquelles j’ai fini par pondre ce billet. Quand j’ai percuté (alors que c’est une vérité), ça m’a semblé tellement hallucinant que… Voilà. Je sais, évidemment, qu’il y a une réalité d’économie mondiale et élitiste (le fameux « 1% »). Le fait que « cela soit comme ça », ne nous oblige pas pour autant à cautionner, à ne pas tenter – à notre échelle – de faire autre chose. Au contraire, souvent, cette réalité est un vieux prétexte de merde pour les faibles.

      Cela étant, quand ça m’a pris à la gorge, j’ai eu honte de ne pas avoir écrit ça plus tôt. Parce que j’aurais dû le voir plus tôt.

  2. 23 juin 2016
    Répondre

    Douloureusement vrai. Même à mon niveau – et je bosse quand même dans une organisation internationale chrétienne qui fait de l’humanitaire – ce schéma de pensée a tendance à transparaître dans certaines discussions (la question des traductions, notamment).

    • 23 juin 2016
      Répondre

      C’est cynique ce que tu dis Stéphane, elle fait de l’humanitaire, et tu le vois…
      Tu peux développer sur les traductions ? Tu veux dire qu’il y a un souci dans le choix des mots ?

      • 23 juin 2016
        Répondre

        Simplement, on travaille beaucoup avec des pays du « Global South » et il y a toujours la tentation (ha ha) de faire appel à des traducteurs locaux, payés à des tarifs locaux, et ensuite à pleurer sur la qualité (ou à n’en avoir rien à foutre; je ne sais pas ce qui est pire).

        • 23 juin 2016
          Répondre

          C’est récurrent ce paradoxe de la plainte. J’ai du mal à comprendre. Encore, tu le fais une fois et t’es déçu, admettons, mais après… Si tu repaies, tu sais pourquoi aussi.
          C’est comme se plaindre d’un « jean » H&M, alors que tu sais que les Levi’s vont durer plus longtemps (théoriquement).

  3. Jeyes
    23 juin 2016
    Répondre

    Une entreprise n’est pas une institution humanitaire. Son objet est de dégager du profit par la création de valeur.

    Pour faire du profit, il faut que les coûts de production soient faibles.

    Il y a donc concurrence, aujourd’hui mondialisée, entre les personnes capables d’assurer la production selon les standards recherchés par l’entreprise.

    Il n’y a pas de comportement colonialiste ou esclavagiste dans la démarche consistant à aller chercher un prestataire Offshore. D’ailleurs ces deux choses ne sont pas du tout les mêmes.

    Nous vivons dans le Monde, pas dans notre pays, les échanges marchands se font aussi dans le Monde. Si l’étranger de l’hémisphère sud est compétitif, alors on se tournera vers lui. Il a la main à partir de là. C’est lui qui remplit un besoin.

    C’est d’ailleurs par ce système que l’Afrique se développera vite et mieux. L’humanitaire, c’est pour l’urgence. L’économie et la production, cela développe les structures et les compétences. Et en tant que « descendant de citoyens d’un pays colonialiste », je me dis que c’est un moyen de rendre ce que nos ancêtres ont pris, notamment par la formation, le transfert de savoir-faire… Le commerce est toujours la meilleure solution pour rapprocher les peuples, apprendre à se connaître et rester en paix. Je précise toutefois que j’en ai marre qu’on me reproche un comportement de colon sous prétexte que je suis homme blanc.

    De ma petite expérience, mes anciens collaborateurs et prestataires à Madagascar ont pour certains monté des entreprises sur la base des rémunérations très confortables qu’ils percevaient de leurs clients européens.

    Payer peu pour un service satisfaisant. C’est un comportement moderne, universel et sain. Ce n’est pas un comportement capitaliste et typiquement européen. Faites du commerce avec le Moyen-orient ou avec l’Asie… vous comprendrez.

    Se comporter mal et parler comme un colon raciste du XVIIIème siècle, c’est un autre problème. Cela en dit long sur la personne qui prononce ces mots, pas sur les gens qui travaillent presque de la même manière, d’un point de vue extérieur.

    • 23 juin 2016
      Répondre

      Je vois ce que tu veux dire Jeyes, et d’un point de vue économique, c’est quelque chose que je peux comprendre. Cela étant, et on va certainement pas se cacher, le rapport réel n’est pas seulement financier. Le dénigrement systématique de ces prestations, voire, des personnes, est une réalité.
      Ok, on cherche à faire du profit. Mais, encore un fois, il y a un problème : la Mondialisation permet toujours plus l’accroissement des clivages entre les différentes richesses.

      On ne m’enlèvera pas de l’idée qu’il y a de vieux réflexes historiques. On ne développe pas un pays en lui donner « quatre sous ». Tu parles de transfert de savoir-faire, et de formation (et je trouve cela assez condescendant, finalement), mais pour reprendre les exemples sur mon produit, ou sur des produits matériels et industrialisés, il n’y a rien de « pédagogique ». Le client commande, il prend, avec d’ailleurs peu de considération pour ce qu’il achète pour rien, ou pour la personne qui produit. A quel moment il y a un transfert, si ce n’est financier ?

      « Le commerce est toujours la meilleure solution pour rapprocher les peuples, apprendre à se connaître et rester en paix. »

      Oui, c’est pour cela d’ailleurs qu’on est en guerre avec un certain nombre de pays avec lesquels on commerce, et qu’on regarde de travers leurs congénères quand ils viennent sur notre sol. Non. Je n’y crois pas. L’échange culturel (voyage, scolaire, etc.) peut apporter ça, mais la relation de « je te paie » me semble difficilement vecteur de paix et de respect.

      Je précise toutefois que j’en ai marre qu’on me reproche un comportement de colon sous prétexte que je suis homme blanc.

      A la vérité, c’est surtout parce que nous sommes Français en « traite » avec les Malgaches et Sénégalais, et que les propos racistes et colonialistes sont une réalité. Je ne les avais que trop en tête pour ignorer ce fait. Alors, oui, on se sent le cul merdeux, et on aimerait bien tourner une page de l’Histoire (un peu comme Vichy par exemple), mais si ça reste en mémoire, ce n’est pas en tournant la tête qu’on fera oublier. Cela dit, c’est un avis très personnel.

      « Payer peu pour un service satisfaisant. C’est un comportement moderne, universel et sain. »

      Moderne, non. Avant, soit on ne payait pas (et je ne parle pas que d’esclavagisme, je renvoie au principe de seigneurie), soit on payait le prix. La différence était dans la rareté et les coûts de production. Ca n’est pas moderne de sous-payer (car on sous-paye, ce ne sont pas les mêmes mots). « Universel et sain »… Tu me perds. Est-ce que tu veux dire que « Parce que naturellement l’Homme va chercher son plaisir et sa facilité, c’est universel, et donc sain ? »

      Où je veux en venir : Oui, la Mondialisation, etc. Etc. Mais si j’avais voulu faire un édito économico-figaresque, je l’aurais fait. Ce mythe du commerce qui profite à tous parce qu’une frange (et une seule) pose les règles est connu de tous. On nous le rabâche à l’école, sur TF1, et dans nos journaux. En revanche, et je pense que tu es passé à côté, à un moment, au lieu de continuer à dire « C’est comme ça, et c’est finalement pas si mal, regardes », on peut peut-être voir les perversités de ce système, en parler, voire, proposer des solutions.

      Se cacher systématiquement derrière l’immuabilité (artificielle), c’est faire l’aveu d’une impuissance lâche. Je ne vois pas l’intérêt de vivoter (car ce n’est que ça, si on va au bout) en balbutiant que l’on ne peut rien faire si ce n’est exister. Pis, m’imaginer une sorte de vertu à ces inégalités, là, c’est une solution de facilité un peu cynique. A titre personnel, je ne peux y souscrire.

      • Jeyes
        23 juin 2016
        Répondre

        « Le dénigrement systématique de ces prestations, voire, des personnes, est une réalité. »

        Non, ton expérience seule ne suffit pas à prouver ce systématisme.

         » la Mondialisation permet toujours plus l’accroissement des clivages entre les différentes richesses »

        Non, d’une part je pense que tu t’es trompée dans la formulation. D’autre part, la Mondialisation permet un élargissement, ce n’est pas tout à fait la même chose qu’accroissement. Ainsi, on se retrouve dans le même marché qu’une personne à l’autre bout de la planète. La Mondialisation unit, met en compétition, déséquilibre l’établi pour trouver un nouvel équilibre.

         » On ne développe pas un pays en lui donner « quatre sous ». « 

        Alors on fait quoi ? On lui donne tout ? On ne lui donne rien ? On lui prête ? En rémunérant directement les individus indépendants ou en société : on évite une captation par une administration locale parfois corrompue.

         » on est en guerre avec un certain nombre de pays avec lesquels on commerce, et qu’on regarde de travers leurs congénères quand ils viennent sur notre sol. « 

        Donne moi la liste. Je serais curieux. On est en guerre avec des groupes terroristes ou encore avec un pseudo-Etat en décomposition. Ce dernier vendait du pétrole à la Turquie qui finissait en carburant chez nous… cet épisode a duré quelques mois tout au plus. Les entreprises françaises vendent des armes qui peuvent finir effectivement par se retrouver dans les mains des groupes ennemis… m’enfin cela ne semble pas courant.

        Le marché commun de l’UE a été créé comme une garantie pour éviter le renouvellement des conflits du début du XXème siècle. Cela a plutôt marché. Tous les conflits européens, depuis, se sont déroulés en dehors de l’UE. Quand on commerce. On ne fait pas la guerre. (On fait la guerre économique à la rigueur… cela peut être une forme de violence je te l’accorde, mais fais un tour sur ogrish.tv et tu te rendras compte que c’est un mal pour un bien.)

        Le commerce est le meilleur vecteur d’échange culturel. Le voyage scolaire c’est du commerce. Il n’y a que l’humanitaire qui semble hors commerce.

         » on se sent le cul merdeux, et on aimerait bien tourner une page de l’Histoire (un peu comme Vichy par exemple), mais si ça reste en mémoire, ce n’est pas en tournant la tête qu’on fera oublier. « 

        Moi pas. Je n’ai aucune responsabilité là-dedans. Et j’essaie d’agir en conformité avec les bonnes valeurs du Monde dans lequel j’évolue. L’Histoire dira peut-être que je me suis trompé ou que je suis un salaud. Mais je ne suis qu’un Homme.

         » Moderne, non. Avant, soit on ne payait pas (et je ne parle pas que d’esclavagisme, je renvoie au principe de seigneurie), soit on payait le prix. La différence était dans la rareté et les coûts de production. Ca n’est pas moderne de sous-payer (car on sous-paye, ce ne sont pas les mêmes mots). « Universel et sain »… Tu me perds. Est-ce que tu veux dire que « Parce que naturellement l’Homme va chercher son plaisir et sa facilité, c’est universel, et donc sain ? » »

        De tout temps on a pillé ou payé. Et cela continue dans certains pays en crise. Le principe de seigneurie ? Je ne vois pas ce que tu veux dire, tu méconnais l’organisation de la vie sous l’ancien régime. L’aristocratie représentait les institutions. C’était une autre forme d’Etat progressivement centralisé pour aboutir à la Monarchie absolue. Période à laquelle on payait proportionnellement moins d’impôt qu’aujourd’hui et on travaillait moins (CQFD).

        On sous paye du point de vue de coût de la vie en France. À l’étranger les choses peuvent être remises en perspective.

        Et oui, c’est sain de chercher à satisfaire ses besoins au moindre coût. C’est comme cela que la nature est faite et que la vie s’est développée sur Terre : L’optimisation.

         » on peut peut-être voir les perversités de ce système, en parler, voire, proposer des solutions. »

        Je ne sais pas ce qui est le plus pervers : le système ou utiliser la culpabilisation historique pour sensibiliser les gens. Tu as utilisé une arme à laquelle je suis particulièrement sensible. C’est l’arme préférée des religions monothéistes et des néo-religions. Attention, je ne dis pas que tu as tort sur le fond. Mais sur la forme, je ne peux pas te laisser faire. Culpabiliser les gens est la pire chose à faire pour les convaincre. Car c’est une sorte de violence soft, une contrainte.

        « Se cacher systématiquement derrière l’immuabilité (artificielle), c’est faire l’aveu d’une impuissance lâche. Je ne vois pas l’intérêt de vivoter (car ce n’est que ça, si on va au bout) en balbutiant que l’on ne peut rien faire si ce n’est exister. Pis, m’imaginer une sorte de vertu à ces inégalités, là, c’est une solution de facilité un peu cynique. »

        Justement. Je souhaite que les peuples du Monde échangent et bougent. Imaginer que c’est en fumant et en faisant la fête qu’ils vont le faire est incroyablement naïf.

        Il y a 3 méthodes de flux efficaces : La guerre, la migration naturelle (quand les gens sont obligés), la migration économique / commerce.

        Les 2 premières sont liées à des catastrophes.

        Il n’y a pas de vertu aux inégalités, elle existent. Le jour où on cessera de manger de la biomasse et qu’on sera tous des machines… peut-être que l’égalité sera acquise par la néo-humanité.

        • 23 juin 2016
          Répondre

          Ca va être long de te répondre, et je ne suis pas certaine d’avoir le temps. De façon très succincte :

          Non, je ne prends pas mon cas pour une généralité, « l’accusation » est facile, et repose elle-même sur la projection que tu te fais de moi, des raisons pour lesquelles je dis cela, et de l’expérience et témoignages que je peux avoir. Passons à plus intéressant :

          Mondialisation, clivages, etc –> Non. J’ai choisis mon terme volontairement. Je ne pense pas que nous soyons dans le même marché, peu importe le degré de Mondialisation ne serait-ce que du fait des disparités des lois économiques entre les différents pays. Le marché Français et Chinois n’a rien à voir, et même à échelle Mondiale, il y a un déséquilibre (comme tu le dis). En revanche, tu crois en la capacité naturelle à l’équilibrage de ce système. Moi pas. Pour des questions d’intérêts financiers de pays, de groupes, etc.

          Les quatre sous –> On commence par la base : eau, électricité, etc. On développe en local, on ne leur achète pas ce que nous consommons nous, mais on tente d’apporter une base universelle (santé, etc.) A mon sens, ça reste la première pierre pour un équilibrage global des forces. Ensuite, on voit peut-être à laisser les ressources en local, également. Qu’elles n’appartiennent plus à d’autres pays extérieurs.

          Nos arrangements guerres, économie, etc –> Officiellement, nous ne sommes en guerre contre personne. Pas même « L’Etat Islamique » qui n’est pas reconnu comme un Etat. En revanche, si notre pays vend sans aucun scrupule des armes à tout ce qui paie (et le mythe de « c’est pas d’notre faut’ si ça tombe entre de mauvaises mains » a bon dos), comme tu le dis très bien, nos groupes Français n’hésitent pas à faire des choses pas « jolies-jolies » sous des prétextes fallacieux, un exemple :

          http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/06/21/comment-le-cimentier-lafarge-a-travaille-avec-l-etat-islamique-en-syrie_4955039_3218.html

          L’Europe –> Il n’y a pas que des guerres économiques, les disparités politiques et idéologiques provoquent de trop grosses tensions. Et si les guerres ne sont pas officiellement déclarées, la paix ne règne pas pour autant en Europe. Ce n’est pas la grande quiétude, ni le grand amour des peuples.
          Les voyages scolaires sous forme d’échange éco  Tiens, tu peux développer, je trouve l’idée intéressante.

          La seigneurie –> Je faisais référence au système féodal, avec la caste paysanne, la caste des serfs, et le principe de labourer une terre qui ne nous appartient pas en échange d’une protection, et d’une fraction de pain. Système encore actuel, grâce à au Travail, quand on y pense. L’aristocratie existe toujours, de même que l’oligarchie, puisque c’est plutôt le terme que l’on devrait employer concernant le fonctionnement de notre Etat. Et je m’entends très bien sur les termes, je ne les emploie pas à la légère. Je ne sais pas si on payait proportionnellement moins d’impôts, mais j’ai du mal à imaginer que le paysan travaillait moins qu’aujourd’hui. Peut-être parce que le paysan d’aujourd’hui (ou celui d’il y a 50 ans) travaille énormément, et que je le sais. Cela dit, sur ces derniers points, vu que j’adore l’Histoire, je veux bien que tu me proposes des lectures pour que je puisse comprendre pourquoi tu affirmes cela ^^

          Optimisation, nature et sain –> C’est un débat d’idées, et chercher à te convaincre serait prétentieux, et inutile. En revanche, je ne crois pas que quelque chose d’instinctif soit sain pour autant.

          Culpabilisation et Arme –> Si je suis entièrement d’accord sur le principe qu’il s’agit d’un procédé adoré par le monothéisme, je n’ai pas cherché à faire culpabiliser. J’ai donné mon avis. Emis une opinion, voire un jugement de valeur, mais culpabilise celui qui en a besoin. Mais faire pleurer dans les chaumières ne m’apporte rien. En discuter, comme là (même si nous ne sommes pas du même avis), là est mon but, en plus de ma première expression.

          Fumette et fête –> Je ne te suis pas du tout. N’ayant pas sous-entendu cela, je pense que cette réflexion n’a pas lieu d’être, et que tu fantasmes peut-être encore mes idées. En revanche, oui, l’échange est important. Mais pas seulement économique, l’économie n’est pas tout.

          Il n’y a pas de vertu aux inégalités, elle existent. Le jour où on cessera de manger de la biomasse et qu’on sera tous des machines… peut-être que l’égalité sera acquise par la néo-humanité.

          Là, en revanche, au risque de te surprendre, je suis totalement d’accord. Oui, je crois que l’égalité est une utopie telle qu’elle demande à l’Homme de cesser d’exister en tant que tel. C’est là, généralement que je perds espoir et que je tente de me raccrocher à l’idée de « résister » bon gré mal gré contre la marée.

          Finalement, j’aurais pas été concise, mais c’était intéressant au moins, merci pour cet échange !

          PS : Je me suis permise de modifier ton message pour y insérer des Bquotes pour plus de lisibilité.

          • 23 juin 2016

            T’abandonnes pour cause d’estomac, hein… Avoue…
            Merci pour les liens (surtout pour celui sur la semaine au Moyen-Âge, c’est tellement éloigné de ce que j’ai appris, de ce dont je me souviens, et de mes propres certitudes) c’est fascinant 😮 !

            Mais oui, je vois ce que tu veux dire pour le Brexit, c’est vrai. Pas plus qu’on a bombardé la Grèce.

            Tiens, si jamais t’as le temps : t’en penses quoi de ça ? Je n’arrive pas à me faire une idée sur l’idée (Hmm) que ça serait bien, ou non. Faisable, ou pas.

          • 23 juin 2016

            Voilà, j’ai enfin pu lire tes articles. Si je n’ai pas appris grand chose (et ça m’a surpris), j’ai quand même une foule de questions : Est-ce que les gens ne se rebellaient pas par Education ? Par Crainte ? S’ils payaient moins, vivaient-ils aussi bien que nous ? (J’entends ici que je peux manger à ma faim, par exemple).

            Bref, je trouve les infos intéressantes, mais il manque une réelle mise en perspective.

            En revanche, ton deuxième lien qui prend pour source « f de souche », ça m’a fait crever de rire. Pour la source, ses commentaires… Bref : c’était un grand moment de « prisme de réalité personnelle ».

            En revanche, oui, on travaillait moins (les fêtes, etc. C’était acquis à mon sens), mais parce qu’on ne le pouvait pas. Les fêtes servaient de cohésion (et quand t’as pas la télé, t’as pas le choix) et relevaient de la puissance de l’Eglise pour certaines, de l’amusement Païen pour d’autres. Mais sur la lumière… Soyons francs : si à l’époque on avait pu faire travailler les gens autant en « sécurité », on l’aurait fait. D’ailleurs, on l’a fait.

            Mais j’en reviens à ma première question : quid des conditions de vie. Je ne suis pas partisane du fantasme du passé (et pourtant, j’ai adoré faire de la reconstit’ historique), je ne pense pas que c’était mieux avant. Avec le temps, je ne suis pas persuadée que cela soit mieux maintenant non plus. Mais je ne sais pas si ce qu’il leur restait hier était finalement plus et mieux.

            Mais… Là, c’est une question que je me pose.

        • 1 juillet 2016
          Répondre

          J’ai peiné à lire ce commentaire tellement il est plein de suffisance et d’arrogance idéologique pseudo pragmatique. Bon je mets là quelques assertions rigolotes récupérées un peu à-la-va-vite, mais je peux pas m’empêcher de tiquer alors que mes yeux saignent :

          « Nous vivons dans le Monde, pas dans notre pays, les échanges marchands se font aussi dans le Monde. Si l’étranger de l’hémisphère sud est compétitif, alors on se tournera vers lui. Il a la main à partir de là. C’est lui qui remplit un besoin. »
          « Une entreprise n’est pas une institution humanitaire. Son objet est de dégager du profit par la création de valeur. »
          « Le commerce est le meilleur vecteur d’échange culturel. »
          « Il y a 3 méthodes de flux efficaces : La guerre, la migration naturelle (quand les gens sont obligés), la migration économique / commerce. »
          « De tout temps on a pillé ou payé. »
          « En rémunérant directement les individus indépendants ou en société : on évite une captation par une administration locale parfois corrompue. »
          « Et oui, c’est sain de chercher à satisfaire ses besoins au moindre coût. C’est comme cela que la nature est faite et que la vie s’est développée sur Terre : L’optimisation. »
          « Le voyage scolaire c’est du commerce » (j’adore celle-là !)
          et pour finir (dans le commentaire suivant) : « Le commerce c’est la paix militaire. »

          Ce qui est compliqué, c’est que je ne sais pas par où commencer. Est-ce qu’il faudrait travailler phrase par phrase des arguments, pour briser ces lieux-communs que Ricardo lui-même vomirait (je n’arrive même pas à t’accuser de néo-libéralisme tellement toutes tes remarques sont au degré zéro de la réflexion !). Ou faudrait-il peut-être envisager une longue discussion autour d’un café pour creuser un peu dans ce tissu de caca ? (à vrai dire, je ne pense pas).

          Bref, je retiens que le monde « est comme il est » et que le commerce « est facteur de paix ». Et d’ailleurs les inégalités sont imprimés dans notre code génétique puisque « Il n’y a pas de vertu aux inégalités, elle existent. » (faudra m’expliquer dans quel sens est utilisé le mot « vertu » ici…). Au passage, on notera cette petite pointe de Darwinisme sociale quand vient l’heure de décrire les processus d’évolution naturels – rapportés aux rapports sociaux (ce qui ne veut à peu près rien dire) car la nature « optimise » il faudra aussi m’expliquer comment elle « optimise » la nature ! (au fait, elle « coopère » la nature, c’est bien plus fin !).

          C’est quand même idiot parce qu’à un moment, on avait presque une petite pointe de lucidité : « Quand on commerce. On ne fait pas la guerre. (On fait la guerre économique à la rigueur… « , ah ben oui, il aurait fallu peut-être développer ici. Ça aurait pu être intéressant de comprendre comment le capitalisme mondialisé créé aussi parfois la guerre (allez, comme je suis sympa je donne pas d’exemple, je te laisse le trouver tout seul. Indice : il y a du pétrole dans le coup).

          Je n’ai pas lu tes petits liens très sympathiques Maggie (je peux t’appeler Maggie ?), et je te suggérerais bien d’aller lire Chomsky, Piketty, J. Stieglitz, Paul Krugman (on m’accusera pas d’être un gauchiste comme ça), ou encore Amartya Sen ou Han Joon Chang (je suis pas non plus européo-centré), mais ça sonnerait comme une forme de violence symbolique (et d’ailleurs tu les as déjà peut-être lus, mais ça m’étonnerais…).

          Plutôt que de faire ça donc, je te conseillerais plutôt de courir acheter ou emprunter Les veines ouvertes de l’Amérique Latine, d’Eduardo Galeano. Tu reverras peut-être ta position sur les « petits colons racistes » que tu cites.

          En fait, toi aussi tu utilises une arme à laquelle je suis plutôt sensible : la paresse intellectuelle. La paresse du « moi dans mon métier » ou celle du « travaille avec l’Asie et tu verras ». Je t’encourage donc à prendre un peu de hauteur. C’est urgent.

          Parce que tu dis vraiment n’importe quoi.

          Mon message n’est pas très sympa, je sais. J’attends pas mieux en retour (voir rien du tout).

          Voilà.

  4. Hippocampe
    23 juin 2016
    Répondre

    Je pense que l’esclavagisme 2.0 est aussi vrai dans les métiers du web du graphisme et de la communication chez nous, comment expliquer que des métiers qui nécessitent 3 à 5 ans d’études se retrouvent payés à hauteur du Smic voir moins ( concours bidons et stages à répétition) comme les métiers pour lesquels on ne demande aucune qualification ?

    Est ce que comme tu soulignes dans cet article la dévalorisation du personnel « tiers monde » par rapport au personnel local, il n’y a pas à l’échelle locale un retour à l’esclavage de l’employé moyen ? Obligé de travailler pour se nourrir mais à peine suffisamment payé pour survivre sans pouvoir économiser, ou même profiter simplement un minimum de la vie. Il me semble d’ailleurs que les mots clés de compétitivité et de mondialisation servent grandement de prétexte à aux pratiques que tu dénonces, tirant tout le monde vers le bas.

    Notre société ne progresse plus depuis 20 ans, elle régresse. Une société existe pour faire du profit disait l’un des lecteurs précédents, voilà la faute n°1. La chasse au profit. L’argent n’a pas de sens, ni de raison d’être, c’est juste une monnaie d’échange. Bref gagner de l’argent ne fait pas sens, ce n’est pas une fin mais un moyen, il faudrait voir à ne pas l’oublier.

    Une société doit exister dans le but d’apporter quelque chose d’utile à l’humanité. Une société devrait participer au progrès avant tout, l’enrichissement personnel d’un patron ou d’actionnaire ne fait pas partie du progrès et n’apporte rien à l’humanité, c’est donc un système stérile. la stérilité mène à l’extinction. Soyons prudents.

    • 23 juin 2016
      Répondre

      Oui, entièrement, Julien ! Il y a un esclavagisme moderne réel (d’ailleurs, l’origine même du mot Travail va dans ce sens). Et c’est le temps deux de cette réflexion. Je pense d’ailleurs que nous-mêmes ne pourrons trouver une certaine pérennité et bien-être sans en tenter de la rechercher ensemble. La faisabilité de la chose, c’est une autre discussion x)

      Ta lecture de la régression de notre société et la même que la mienne. L’aliénation et le contrôle par le Travail ne datent pas d’hier (Vanté par l’Eglise, et justifié par le Péché Originel, on sait que le Travail ne concerne que les « Petits »), et je pense que l’Industrialisation nous remet le « nez dedans ». C’est cliché, mais je ne crois pas que la Révolution, la Démocratie, etc (dans nos pays) aient vraiment pu changer les choses, les rapports de force, etc.

      Il n’y a qu’à voir le rapport au dieu du monothéisme (peut importe sa branche religieuse) qui a ressuscité malgré sa mise à mort par Nietzsche…

      […]c’est donc un système stérile. la stérilité mène à l’extinction. Soyons prudents.

      C’est trash. Ca me laisse méditative, parce que je trouve ça juste. Trop. Et c’est d’un glauque incroyable.

      Difficile de rebondir, je suis de ton avis, et tu l’as très bien exprimé, avec la nuance et le parallèle sur nos propres pays. Merci.

  5. 23 juin 2016
    Répondre

    J’ai du mal à comprendre ton billet.
    Tu attaques directement sur une question « d’homme blanc », alors que certains pays qui ne sont pas « blanc » ont su développer une expertise dans certains domaines qui surpassent les pays « blancs », par exemple en véhicules, machines, électronique, etc.

    Et si tu veux parler couleur, c’est vrai que l’Afrique vu de loin a une production industrielle faible, sans croissance, mais certains pays ont su développer des productions dans le textile et l’électronique. Pour les autres, c’est plutôt l’agroalimentaire et le secteur minier.

    Il se trouve que Madagascar est un/le seul pays francophone avec un coût de production relativement bas. Dans notre secteur, ca veut dire de la rédaction à moindre coût qu’en France. Et le secteur étant très flexible en prix, on paie pas cher pour une qualité moyenne. Si la qualité était supérieure, on accepterait probablement de payer plus, en restant à coût inférieur à la production française.
    Ce mécanisme là, en quoi est-il raciste ? Est-on raciste envers les japonais en achetant une Honda 30% moins chère qu’une Renault ?

    D’un autre côté, on peut, pour des raisons morales que j’ai du mal à comprendre, arrêter d’acheter les 100 mots à 4 €. De « leur » côté, ca veut dire que des business vont arrêter de se développer ou arrêter tout court, sans perspective d’amélioration. Donc derrière, moins de demande pour des gens qui savent écrire, donc moins de motivation pour améliorer ses capacités professionnelles, ou, pour reprendre ton expression, pas de motivation pour faire autre chose que « de la merde ».

    Plutôt que de travailler dans l’apitoiement et la « self deprecation » qui est un peu passée de mode, que peut-on faire ?
    – on arrête d’acheter du texte à bas coût (mais comment ?)
    – on subventionne des universités pour améliorer l’éducation et le niveau de langue donc la qualité et le prix des productions écrites ? Ce qui constituerait, une approche « vertueuse » si elle existe, de la colonisation
    – on monte artificiellement le prix de la production écrite de Madagascar : c’est ce que tu proposes pour éviter de tirer vers le bas. Ca s’appelle du protectionnisme, et je ne suis pas contre. Ca protège le marché intérieur, mais ca diminue les exportations du pays producteur. Je ne vois pas en quoi ca protège Madagascar.
    – Madagascar monte les prix : si les agences locales pouvaient vendre à 8€ les 100 mots, elles le feraient. Aujourd’hui, le gros du marché n’est pas client à 8 € dans cette gamme de qualité

    Même si je peux admettre le bon sentiment (dont le chemin de l’enfer est pavé), j’ai du mal à comprendre ta conclusion, qui tend à promouvoir un protectionnisme qui n’apportera rien à Madagascar.

    • 23 juin 2016
      Répondre

      La figure de l’Homme blanc est une image, qui, sur la question de notre rapport aux anciennes colonies reste très présente. En revanche, tu n’es pas le premier à faire une fixette dessus, à se demander si les icônes gênent à ce point une compréhension de texte.

      Puisque tu tiens à parler de Rédaction et de Madagascar, et pour te répondre sur la notion de racisme et de colonialisme, il se trouve que si l’on peut acheter des textes là-bas à ces prix-là, c’est précisément du fait de notre passif de colons. La langue a été partagée pour ces raisons, la différence de richesse entre nos deux pays également (Il en va de même pour beaucoup de nos anciennes colonies).

      Et le secteur étant très flexible en prix, on paie pas cher pour une qualité moyenne. Si la qualité était supérieure, on accepterait probablement de payer plus, en restant à coût inférieur à la production française.

      J’ai dit dans l’article que ces propos étaient maintes et maintes fois entendus. Et qu’ils soulèvent de nombreuses questions.

      Tu ne comprends pas les raisons morales qui poussent à acheter à leur vrai prix des textes ? Une discussion me semble difficile en ce cas : c’est comme devoir expliquer le respect, la justice, etc.

      Tu reprends la notion de biz, de « mais en fait, ça les fait vivre, etc. » Encore une fois, j’en parlais déjà dans l’article. Nous n’avançons pas, car moi, je ne comprends pas qu’on se cache derrière ça. Et puisque tu taquines sur la question de la Rédaction et de la motivation, ton argument – et je suppute que tu le sais viscéralement – est totalement fallacieux : non, tirer les prix vers le bas entraîne une qualité vers le bas, ça pousse à la médiocrité, et est à l’inverse de tes notions d’amélioration.
      Ou alors, j’ai dû louper la réalité de mon propre terrain.

      Plutôt que de travailler dans l’apitoiement et la « self deprecation » qui est un peu passée de mode, que peut-on faire ?

      Jugement de valeur qui a le mérite d’utiliser des mots de plus de deux syllabes, mais qui loupe le coche entier du billet. Cela étant, vu tes précédents propos, c’est logique, nous nous comprenons décidément mal. En revanche, pour te répondre :

      – On arrête d’acheter du texte à bas coût… En arrêtant d’acheter du texte à bas coût. C’est bête, et peut-être trop évident pour se faire entendre, mais c’est pourtant simple. Le « Quand on veut, on peut » s’applique aussi très bien dans ses choix de consommation et de production.
      – Tu parles de colonisation et d’éducation de pays. Relis plusieurs fois cela, et comprends ici que ta précédente question sur le racisme, le parallèle (biaisé) avec le Japon sont révélateurs, et se suffisent à te répondre. J’entends ici qu’on ne doit avoir aucune prétention vis-à-vis de pays indépendants. En revanche, si nous, nous n’acceptons pas de bosser pour des clopinettes, ne justifions pas de le faire faire pour les autres.
      – On ne monte pas artificiellement. Le temps que ces gens passent à écrire (au passage bien mieux que la majorité de leurs propre client) a un prix qui n’est, aujourd’hui pas respecté. J’en ai déjà parlé, je me répète ici, je vais peut-être arrêter.
      – Oui, Madagascar monte ses prix, mais elle a des difficultés, du fait de notre rapport avec ça (d’où l’émergence du marché au Sénégal d’ailleurs). Si tu veux un témoignage, farfouille dans les commentaires de mon article sur les prix en Rédaction Web, tu verras que ce n’est pas quelque chose de si merveilleux, parce que les clients ne jouent pas le jeu, justement.

      Au final, je ne fais aucun bon sentiment, et tu as pris ce texte (sur le volet même de la Rédaction, ce qui est révélateur) comme quelque chose qui semble t’avoir remis en cause. J’en suis désolée. Car je ne parle pas de Rédaction et de Madagascar. Je parle du Nord, et du Sud. Je parle de l’héritage de notre Histoire.

      Mais je ne vais pas expliquer mon billet, il est transparent pour beaucoup de lecteurs… Sauf, deux ou trois qui se sentent intimement visés, c’est le jeu, mais c’est le vôtre.

      Cela dit, merci de ton passage !

      • Malaiac
        23 juin 2016
        Répondre

        « du fait de notre passif de colons. La langue a été partagée pour ces raisons, la différence de richesse entre nos deux pays également (Il en va de même pour beaucoup de nos anciennes colonies). »
        Tu veux dire que Madagascar est moins riche parce qu’ ancienne colonie ?? Si c’est le cas, ça m’inquiète pour toi . Sinon, la tournure de phrase m’échappe.

        Quand tu parles de »payer à leur vrai prix des textes  » ou quand tu dis « On arrête d’acheter du texte à bas coût… En arrêtant d’acheter du texte à bas coût. C’est bête, et peut-être trop évident pour se faire entendre, mais c’est pourtant simple », pour le coup, je pense que tu manques de perspectives. Ce ne sont pas dix agences de seo en France qui font le prix du cent à Mada. Il y a les éditeurs papier, les data entry, etc qui sont en concurrence sur la même ressource « rédaction à Mada ». Le « vrai prix  » d’un produit, dans un marché aussi libre et libéral que celui-ci, c’est le prix auquel on vend le service.

        Il me semble, mais c’est peut-être un malentendu – à croire que ceux qui ont trouvé ce billet transparent omettent de commenter, que les « prétentions » sur le pays en question pourraient être de ton côté : la pente est courte entre ton argumentation et la prétention de savoir mieux »qu’eux » ce qui est bon « pour eux »

        En revanche, on pourrait déplorer l’absence de corporatisme de leur côté ; un « syndicat des rédacteurs » local, quelle que soit sa forme , pourrait participer à une montée de la qualité et des prix en regroupant suffisamment de force de négociation pour convaincre les clients chez nous.

        Désolé pour la typo, je tape sur mon téléphone

        • 23 juin 2016
          Répondre

          Tu veux dire que Madagascar est moins riche parce qu’ ancienne colonie ?? Si c’est le cas, ça m’inquiète pour toi .

          Oui. En revanche, je ne comprends pas pourquoi tu t’inquiètes pour moi. Mais c’est adorable de ta part 😉

          Sur les prix et les changements –> Encore une fois, tu le ramènes au SEO, etc. Soit, allons-y. Non, en effet, trois agences ne vont pas changer les choses. Pas plus que de jeter un papier au sol ne va changer la pollution mondiale. C’est un choix personnel (ou industriel pour le coup). Et c’est ce que je dis. Et s’il y a moins de personnes prônant le « de toute façon, les autres le font aussi », peut-être qu’il y a une chance pour que les choses changent en mieux.

          Pour le « vrai prix », je suppose que tu dois appliquer ça à tes prix, aussi, n’est-ce pas ?

          Oui, les gens qui ont aimé ce billet n’ont pas tous commenté ici, ils ont partagé le lien, parlé sur Facebook, etc.

          Je ne prétends pas parler pour eux, relis mon billet. Je parle de mon avis, rien ne t’engage à le lire, ou à ce qu’il te remette autant en question (même si j’apprécie l’effort de commentaires).

          Pour la corporation, c’est à eux de le faire, encore une fois, je n’ai aucune prétention paternaliste à leur sujet (contrairement à ce que tu aimes à dire, et proposes, précisons-le). Je pense en revanche que s’ils ne le font pas, c’est peut-être par crainte de voir leur biz s’effondrer, de voir les clients francophones s’en aller. Je ne sais pas, mais ça me semble tout à fait possible. Et ça me fait chier. Mais, ils n’ont pas à nous « convaincre » d’un choix qui peut se teinter de morale, comme tu le disais tout à l’heure. Pas plus qu’on n’a à expliquer celle-ci. C’en est même inquiétant.

          Aucun souci pour la typo.

          • Malaiac
            23 juin 2016

            Oui, l’argument colonie pour expliquer les différences de niveau de vie, c’est trop juste. D’une part , si un pays à pu un jour en coloniser un autre, c’est général en raison d’ un développement plus élevé . Ensuite des pays voisins jamais colonisés ne sont pas plus ou moins avancés (Liberia et Éthiopie sont les exemples courants pour l’Afrique). Ça ne change pas la valeur individuelle ni la nature humaine du colon ou du colonisé. Mais imaginer, pour l’exemple, que Madagascar n’a pas le TGV parce que c’est une ancienne colonie, c’est prendre ses idées pour la réalité.

            Je ne suis pas convaincu de la pertinence de l’exemple du papier. On parle de la fixation de prix entre deux pays. Tu peux décider de payer plus cher mais, pour rester dans des considérations commerçantes, tu n’en auras pas pour ton argent.

            ‘Pour le « vrai prix », je suppose que tu dois appliquer ça à tes prix, aussi, n’est-ce pas ?’
            Je « n’applique » pas. Le marché se charge d’appliquer un prix (plus ou moins juste à l’échelle d’un seul prestataire) à la valeur de mon prestation (valeur évidemment supérieure à mes yeux 🙂 ). Sinon, je proposerais mes journées à 2500€ , mais le marché manque de bonnes âmes dans ton genre prêtes à payer plus que le prix du marché !

          • 23 juin 2016

            si un pays à pu un jour en coloniser un autre, c’est général en raison d’ un développement plus élevé .

            Est-ce qu’on est d’accord pour dire qu’il y a, dans le terme de développement, une idée de richesse, derrière ? En revanche, si tu as raison pour l’indépendance de l’Etiopie, ce n’est pas vrai pour le Liberia, qui (si j’ai bien compris ce que j’ai lu), semble avoir eu le même problème de construction arbitraire qu’Israël je crois.
            Cela dit, ce n’est pas une question « d’idées pour des réalité » : montre-moi des pays anciennement colonisés qui ont pu obtenir le même niveau de vie que nous. Le problème n’est pas que sur ce passif, il est sur le partage actuel des richesses entre le Nord, et le Sud (encore une fois).

            Si, le papier est pertinent, car c’est un choix. Tu vas agir en fonction de tes conviction. Tu parles de payer plus cher « sans en avoir pour ton argent ». Puisque la discussion cristallise (bêtement) sur la Rédaction, est-ce que « on » paie réellement plus cher pour de la qualité ? Non, puisqu’il achète volontairement ce qu’il considère comme mauvais. Et, encore un fois, cette fameuse mauvaise qualité est fausse : le Malgache n’écrit pas plus mal que le Rédacteur Français moyen (et j’parle même pas du Français moyen). Ce n’est pas une idée.

            Je vois ce que tu veux dire sur la nécessité de jouer avec le marché, attention, je ne nie pas ces murs existants. En revanche, si tu n’es pas à 2500€/jour, tu dois pas non plus être à 100€/jour. Ou alors, c’est peut-être pour pouvoir te permettre ça que tu es dans un pays « où la vie est moins chère…? » Tu vois ce que je veux dire ? Il ne s’agit pas de bonne âme, ou non (tu y tiens, n’est-ce pas ?), il s’agit de se regarder deux secondes de se demander ce qu’on accepte ou non pour soi-même, et ensuite, de se demander si on le fait subir aux autres ou pas. Et si l’on accepte ce fait.

            Perso, non. Alors je tente de changer ma façon de faire. Je ne dis pas que j’y arrive, etc. Je dis que ça me semble primordial d’essayer.

            Btw : Je ne cherche pas à te convaincre. Je sais que je ne peux pas, et je trouverai grave d’y arriver. En revanche, arrête avec ton image de la Sainte Vengeresse (quoi qu’assez Héroïque Fantasy ^^), je ne me pose pas ainsi, ne te poses donc pas en Némésis.

            PS : Cela dit, t’as soulevé un point intéressant –> Le fait qu’il pourrait y avoir un effet de « glissement » de richesses sous prétexte de voisinage. Je repense aux anciens pays du blocs de l’Est, ils ont supportés (et supportent encore beaucoup aujourd’hui) cette Histoire, et cette proximité. Enfin là, on touche à des domaines où ma culture devient quasi-nulle.

  6. Laurent
    23 juin 2016
    Répondre

    Même à 1 euro des 100 mots payés par un français à un malgache, le tarif est 4 ou 5 fois supérieur à ce qu’il est à un client malgache. Les programmeurs indiens, pakistanais et bangladais facturent entre 5 et 20 fois à un étranger ce qu’ils font payer à leurs concitoyens. et avec de gros inconvénients : en général des mois de retard, des changements d’équipe, etc.

    Nous ne sommes pas des esclavagistes. Par contre, les prestataires manquent souvent d’équité. Pourquoi, s’ils ne sont pas « racistes », pour reprendre un mot à la mode utilisé à toutes les sauces, ne facturent-ils pas le même prix à tout le monde ?

    • 24 juin 2016
      Répondre

      Même à 1 euro des 100 mots payés par un français à un malgache, le tarif est 4 ou 5 fois supérieur à ce qu’il est à un client malgache.

      Ok, ok, j’EDIT, j’ai très mal compris. Le café me fait défaut. J’ignorais ce point, mais il semble parfaitement logique, nous avons l’argent, nos prix ne sont pas les mêmes, bref… C’est aussi la logique (dans l’autre sens) de ce Marché. C’est peut-être comme ça, d’ailleurs, que cela va s’améliorer ? Mais ça repose la question de ta dernière question.

      Nous ne sommes pas des esclavagistes.

      Non, mais puisqu’on focalise sur Mada, les propos des « clients » sont délicieusement racistes (et ce n’est pas qu’un mot à la mode, c’en est une apparemment), et transpirent l’auto-suffisance et la supériorité auto-proclamée. Le rapport de force est hallucinant (du fait de la presta, of course), mais également dans les relations que j’ai pu constater.

      Pourquoi, s’ils ne sont pas « racistes », pour reprendre un mot à la mode utilisé à toutes les sauces, ne facturent-ils pas le même prix à tout le monde ?

      Là, tu me fais très plaisir sur cette question. Oui, pourquoi ? Est-ce que c’est parce qu’il y a des disparités telles entre nos pays que du coup, ils savent qu’ils peuvent le faire…? Et l’inverse est vrai.

      Bref, « Pourquoi ces différences existent, et pourquoi on s’arrange avec ? »

  7. Malaiac
    24 juin 2016
    Répondre

    « montre-moi des pays anciennement colonisés qui ont pu obtenir le même niveau de vie que nous ».
    Les USA ? Il a fallu 200 ans, mais ils se sont pas mal débrouillés je crois.
    Brésil , Inde sont en train de s’enrichir.

    C’est bien moi qui fixe mon prix journée, mais dans les limites acceptables par le marché , qui sont ici mes clients.

     » Tu vois ce que je veux dire ? » Les IP, ça va, ça vient :p

    Ensuite, il est vrai qu’à qualité égale, le presta délocalisé propose un prix inférieur au marché local, mais ça compense les contraintes, en particulier de fuseau.

    Cela dit, je ne propose rien, pas plus que toi me semble-t-il . Je préfère l’approche réaliste. Quand les acteurs ont la puissance nécessaire pour constituer un corps intermédiaire et protéger leur marché, je fais avec. Sinon, vae victis.

    • 24 juin 2016
      Répondre

      Je veux bien que la mauvaise foi soit un sport dans le coin, mais on va peut-être pas y aller à fond, non ?
      Les « USA »… Tu me cites les USA. Qui n’a pas été « colonisé ». Ce n’est pas aujourd’hui l’ancienne population qui y est après son indépendance, non, ce sont les colons (pour la plupart expat’ anglophones ou francophones à la recherche d’or, de terres, ou d’une religion décomplexée) qui ont obtenus leur indépendance… S’il y a bien pays qui n’a jamais vraiment été une colonie (avec le rapport de domination, de vampirisme, etc.), c’est bien les USA.

      Brésil et Inde s’enrichissent ? Je t’invite à te renseigner sur ces pays, leurs conditions de vie, leurs problèmes de drogue, de corruption, etc. Note : Pour l’Inde, j’aimerais qu’on garde en têtes leur système de castes, les différents scandales de viols, etc. La richesse d’une élite ne fait pas celle de son peuple.

      Du coup, je considère que ton point reste à prouver.

      C’est bien moi qui fixe mon prix journée, mais dans les limites acceptables par le marché , qui sont ici mes clients.
      » Tu vois ce que je veux dire ? » Les IP, ça va, ça vient :p

      J’en conclus donc que tu m’as parfaitement comprise et que tu te défausses, façon malhabile de communication pour dire « ouais, mais c’est pas pareil, j’suis correct, tu vois ? ». En soi, ça m’est égal, que tu cherches à vivre décemment me paraît normal. En revanche, assume.

      Cela dit, je ne propose rien, pas plus que toi me semble-t-il

      Ou comment approcher doucement du « J’ai rien à dire, mais je te ferais dire ». Il te semble bien, je me tue à le répéter, d’ailleurs 🙂

      Je préfère l’approche réaliste. Quand les acteurs ont la puissance nécessaire pour constituer un corps intermédiaire et protéger leur marché, je fais avec. Sinon, vae victis.

      On aurait pu s’éviter une considérable perte de temps si tu avais lu, et relu, les deux dernières phrases de mon article, jusqu’à ce qu’elles fassent sens. J’ai l’impression d’avoir lu ça en permanence, et en plus, ça ne te défrise même pas les poils du cul. Soit, mais pourquoi venir revendiquer ça, ici ? Par plaisir, besoin de se décharger, ou ennui ?

      Du coup, vu que t’en arrives aux citations latines (signe généralement que l’argumentaire ne trouve plus d’air – si tant est qu’il ait pu y prétendre), je pense qu’on peut raisonnablement dire qu’on a fait le tour : Mon article te répondait parfaitement.

  8. Thomas Cubel
    24 juin 2016
    Répondre

    Hello,

    Le seul truc que j’ai à dire, c’est pourquoi des labels comme « commerce équitable » sont ils actuellement en place s’il n’y avait pas d’inégalités et/ou de problèmes de développement ? Ils sont justement là pour réduire les inégalités via le commerce en donnant de meilleurs conditions de travail, du matériel, une rémunération juste et équitable.

  9. Malaiac
    24 juin 2016
    Répondre

    Pour l’Inde comme pour le Brésil, tu as des considérations morales qui sont probablement louables, mais on parlait développement.
    On pourrait parler de la Corée, mais peut-être que cet exemple ne trouvera pas plus grâce à tes yeux.
    Parce qu’à ce compte là , une ancienne colonie qui n’est pas aujourd’hui au niveau économique , social et culturel de… la Suède ou de l’Allemagne , c’est à cause des cicatrices de la colonisation ?

    Je ne me défausse de rien. Tu as voulu argumenter sur le pays où je travaillais ces derniers temps . Mais difficile d’en tirer un argument, surtout d’un cas personnel.

    On tombe finalement d’accord que ton article est donc principalement une posture morale, si je comprends bien.

    Dommage que tu n’aies pas compris que j’expliquais ma position, qui n’a pas grand chose à voir avec « ça les fait travailler » . Mais l’argumentation se fait courte , si tu t’accroches à deux mots de latin pour … te défausser 🙂

    • 24 juin 2016
      Répondre

      On retombe encore sur ton « combat » entre toi et moi (mais je suppose que tu dois en avoir besoin pour passer autant de temps dessus), mes considérations morales ne sont pas louables, elles sont réelles. Le Brésil n’est pas dans une bonne situation. La Corée, tu veux parler de laquelle ?

      Ta question : Oui, c’est ce que je disais dans l’article.

      Je n’ai pas voulu argumenter sur le pays où tu travailles (t’as une façon de lire mon propos qui est à la fois fascinante et très personnelle), j’ai voulu parler de ton prix journée. Chose différente.

      Oui, mon article est une posture morale, comme mentionné dans l’article et mes commentaires (24h pour comprendre ça, c’est tout de même un exploit).

      J’ai compris que tu tentais d’expliquer une posture que je dénonce dans mon article. Est-ce qu’on va continuer longtemps encore à argumenter sur des arguments, alors que tu ne sembles pas avoir compris le support premier que tu critiquais ? Je te le dis : non.

      Après, si tu as besoin d’avoir le dernier mot et d’avoir écrit sur ce site « J’ai raison nananère », sans avoir pu me démontrer quoi que soit, je peux le comprendre, et tu peux te faire plaisir, ce n’est pas sale.

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