Rédaction en jeux vidéo, fastoche ? Pépère ?

On ne va pas se mentir, 95% du Web est là pour le Business. Pour se faire de l’oseille, du fric, de la thune, du pognon… Bref, de l’argent ! Charme, e-commerce, actus buzz et people, vidéos, images insolites, humour, site de rencontres… Tout est bon pour générer du trafic et, par extension, toucher un bon pécule en fin de mois.

Aucun sujet d’écriture n’est épargné. L’univers Geek et plus spécifiquement des Gamers via les jeux vidéo, non plus. Je m’intéresse donc aujourd’hui à la question des sites d’Actus (Reviews, News) qui se concentrent sur ce secteur.

Sauf que, concernant l’art d’écrire pour ce milieu, j’peux vous dire que ça ne s’invente pas ! Moi-même gamer, et rédactrice, j’ai eu le plaisir de travailler sur un site d’actus sur les jeux Free-To-Play l’année dernière. Ben j’peux vous dire qu’il y a encore du boulot côté contenus !

 

Si vous avez un site de jeux vidéo, vous avez probablement fait une grosse erreur !

J’fais un sous-titre apocalyptique, mais je suis tout de même sérieuse. La première erreur que j’ai pu constater, et qui est celle qui est la plus répandue, est la suivante : tout le monde croit que faire un site d’actus sur les jeux vidéo c’est super simple.

Eh bien non. Point du tout, détrompe-toi petit noob, refais le tuto, et on en reparlera ensuite.

Que cela soit côté « propriétaire du site » ou côté « rédacteur du site », selon mon expérience, on est face à des néophytes (des newbies, noobs, lows quoi) qui s’imaginent que traiter un tel sujet est facile, ne demande aucun effort, aucun investissement. Et souvent, cela est dû à l’image qu’ils ont de ce secteur. Les jeux vidéo, c’est pour les gosses et les geeks. Alors on s’en fout de dire n’importe quoi.

Sauf que penser cela, c’est commettre le double-forfait suivant : bâcler son travail, et sous-estimer son secteur monétisé. Parce, voyez-vous, écrire sur les jeux vidéo, c’est comme écrire sur la politique, la mode, la finance, peu importe finalement : faut pas dire n’importe quoi, sinon, tu n’es pas crédible.

Déjà, propriétaire, d’une part je vais te tutoyer, et je vais aussi te rappeler une chose : ce n’est pas parce que l’univers « geek » est à la mode, que le grand public se met à l’aimer, que tu dois négliger la base. Et la base, mon p’tit proprio, c’est quoi ? La communauté !

Les jeux vidéo sont portés depuis des années par une énorme communauté. Et, à mesure que cela devient tendance de dire que l’on geek (sic), même sur un Iphone (re-sic), la communauté croît. Mais elle n’est pas aussi « simplette » qu’on veut bien l’imaginer. Bien au contraire ! Voici donc les leçons de la geek-scribouillarde :

  • Leçon N°1 : Les jeux vidéo, c’est sérieux, mec !
  • Leçon N°2 : Les jeux vidéo, c’est un vocabulaire.
  • Leçon N°3 : Les jeux vidéo, il faut connaître, et aimer ça !

 

Leçon N°1 : Les jeux vidéo, c’est sérieux, mec !

Quand on aborde une thématique, même si on la méprise et que l’on ne veut que se faire de « l’argent facile », on va tout de même respecter le lecteur, le client final. C’est une base très importante selon moi, qui a tendance à être un poil oubliée…

Pour respecter le lecteur d’un tel site, on va commencer par ne pas le prendre pour un « Kevin boutonneux de douze ans ». Ensuite, on va se sortir de la tête que le jeu vidéo, c’est un truc de gamins.

Cette industrie est en pleine expansion. Elle génère des emplois, brasse une quantité astronomique d’argent, et s’inscrit pleinement dans la culture populaire. Oui, Mesdames et Messieurs, les jeux vidéo sont des produits culturels !

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jeux-video-profilSources : Étude SELL/GFK  » Les Français et le Jeu Vidéo «  – sur une base de 1002 personnes âgées de 10 à 65 ans/octobre 2014

Outre l’aspect financier et l’engouement de la population pour ce secteur, je le maintiens, les jeux vidéo proposent des histoires fantastiques, souvent en lien avec l’Histoire elle-même, permettant ainsi à des enfants, des adolescents, et des adultes, de se cultiver. Si vous ne me croyez pas, faites un petit tour du côté (pour ne citer que ces deux jeux) d’Age of Empire et d’Assassin’s Creed.

Oubliez donc l’image du jeu « gentillet » de Mario, ou les très médiatiques Call of Duty. Le jeu vidéo est un levier d’expression et d’art bien trop souvent mésestimé. Graphistes, scénaristes, compositeurs, et j’en passe, travaillent à l’élaboration de chaque jeu, faisant même de certains de véritables œuvres numériques. Et même un « non-gamer » peut s’en rendre compte. Alors gardez ceci en tête, parce que vos lecteurs, eux, ils en sont convaincus !

Leçon N°2 : Les jeux vidéo, c’est un vocabulaire.

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Pour écrire sur les jeux vidéo, il faut deux choses : des infos, et le bon vocabulaire.

Comprenons que les Gamers, les vrais, les purs, les durs, sont des sortes de Hipsters des pixels. Sans faire de généralité (quoique…), il faut savoir que les communautés de jeux vidéo sont très sélec’ et underground. Elles détestent le commercial, la mondialisation, la popularité ! Prenons comme exemple le fait que de nombreux joueurs de WoW (World of Warcraft) considèrent que ce jeu est devenu un repaire d’incapables avec un abaissement de la difficulté. Le Gamer déteste voir son milieu envahit de Noobs. Il n’aime pas qu’il soit facilement accessible.

Et je pèse mes mots… Je pourrais écrire un article entier sur le Fascisme du Gamer tellement il est névrotique ! Et, attention, entendons-nous bien : Je les comprends !

Ainsi, pour s’adresser au Gamer, il faut pouvoir parler le même langage. Oubliez donc les tournures de phrases très « TF1 like » du style : « Après avoir vaincu l’infâme Garrosh, vous pourrez obtenir en récompense l’incroyable Hache […] » NON !
Préférez : « Une fois Garrosh down, vous avez 0.0x% de chances de looter la Hache machin (lien vers WoWHead s’il existe)[…] »

Le Gamer se fout radicalement de savoir que vous êtes un écrivain raté qui se venge sur l’univers des MMO pour s’exprimer ! Le Gamer veut de l’information qui s’adresse avant tout au Gamer.

Alors, si vous ne savez pas faire la différence entre le DpS et la plage de dégâts, il est temps de s’y mettre sérieusement.

En gros, pour écrire sur le sujet, vous devez éviter ce fameux badbuzz d’il y a quelques années au sujet des « MMORPG » (se prononce « Aime, Aime, mots, Air, Pet, Jet« ) :

Leçon N°3 : Les jeux vidéo, il faut connaître, et aimer ça !

Et cela doit se voir dans vos textes. Quitte à ne traiter que des sujets que vous connaissez et maîtrisez. Il est nécessaire que vos lecteurs puissent savoir qu’ils ont affaire à un « confrère ». Ils doivent se sentir proches de vous et vous faire confiance.

Pour cela, vous devez impérativement être personnel dans vos textes sur les jeux vidéo. Vous relatez les faits, oui, mais vous donnez aussi votre avis ! Vous devez apporter un plus.

Et, contrairement aux idées reçues : il ne suffit pas de jouer aux jeux vidéo pour savoir écrire sur le thème. Il faut autant aimer écrire que jouer, et il faut, avant tout, aimer partager son avis ! Il faut être capable de savoir identifier quelles peuvent être les informations pertinentes à communiquer. Plus encore, si vous maîtrisez un sujet, vous pouvez apporter des détails et des comparaisons essentielles qui font défaut à la plupart de ce genre de sites faits à la va-vite. Exemples comparatifs imaginaires.

Premier exemple : « Baldur’s Gate Enchanced va ravir les fans de la première heure en proposant une nouvelle adaptation du célèbre jeu de Bioware. Avec des graphismes revisités et de nouvelles quêtes, Baldur’s Gate Enchanced redonne un second souffle à un titre phare de l’univers du jeu vidéo […] »

Second exemple : « Baldur’s Gate Enchanced était fortement attendu par la communauté de fans de D&D et de BG en général. S’il permet de jouer à nouveau en mode multi sans avoir à passer par divers logiciels tiers comme Hamachi, BGE est une déception mal digérée par les joueurs. L’éditeur promettait de nouveaux graphismes alors que bons nombres de mods arrivaient à un plus haut niveau […] »

Evidemment, le premier exemple est à ne pas suivre ! Il s’agit de la soupe habituelle que de nombreux Rédacteurs Webs nous vomissent. Tout de suite, les associations classiques de mots fleurissent : « célèbre jeu », « fans de la première heure », « redonne un second souffle ». Tout n’est qu’une accolade très journalistique classique. Plus encore, par souci de sur-optimisation, on va polluer le lecteur à répéter le nom du jeu en entier. Et, comme toujours, le texte est tellement commercial et sans profondeur que l’on croirait à sa lecture qu’il a été écrit par le studio de développement lui-même !

Le second, s’intéresse réellement aux apports du jeu. Il donne un avis. Un vrai. Il parle en connaissance de cause. Il utilise du bon vocabulaire. Bref, il apporte un plus au communiqué de presse officiel de l’éditeur.

 

Dernière leçon : en fait, vous la connaissez déjà !

Eh oui, au fond de vous, vous savez qu’il faut prendre son temps quand on fait un site. Qu’il faut réfléchir à sa thématique, à sa ligne éditoriale, s’entourer d’une équipe pertinente, et avoir toujours à l’esprit l’exigence de qualité.

Se faire de l’argent n’est pas mal. S’en faire en proposant un contenu/prestation médiocres, c’est gênant. Pour le lecteur/client, mais pour vous aussi. Parce que vous valez mieux que le passable, ou « l’à peu près » !

Et pour aller plus loin : une vidéo faite sur « les conneries des media sur les Jeux Vidéo », réalisée, à priori, par un gamer.

 

Camille Écrit par :

Actuellement : Zerg de mauvais poil Evolution ultime : Mutalisk relativement polie Vend les mots comme du bétail, prostitue les idées, et maltraite son clavier. Ecrit parfois pour de vrai, quand on lui fout la paix.

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