Rédacteur Web et Consultant SEO, les Remus et Romulus du Web

« Le SEO c’est trop compliqué, trop technique, pis c’est pas mon boulot, donc lâche-moi la jambe ! »

« La Rédaction Web ? Bof, avec une plateforme, t’as plus besoin de te prendre la tête. Et puis, de toute manière, mon truc, c’est le SEO. »

Et voilà, la messe est dite. SEO et Rédacteur Web s’en vont bouder chacun dans leur coin, persuadés n’avoir rien à faire ensemble, si ce n’est les deux rendez-vous mensuels afin de discuter de mots clés. Oui, mais voilà, cette attitude est contre-productive. Car, contrairement à ce qu’on nous apprend à l’école, technique et pensée se rejoignent. Science et Langue également. Particulièrement dans ce qui nous intéresse aujourd’hui : la symbiose synergique siamoise des deux métiers.

Le mythe du scientifique analphabète

Un vieux cliché a la vie dure : le scientifique est fondamentalement incapable de reconnaître la beauté des mots, et ne sait pas plus les maîtriser, que le littéraire ne serait capable de comprendre les décompositions canoniques fractionnaires.

Et dans notre cas ? Ça donne l’image d’un SEO écrivant en sms et n’étant pas capable de pondre plus de 140 signes, et d’un Rédacteur Web manchot dès qu’il est question de référencement (Notez le jeu de mots de cette phrase…).

Et finalement, l’on observe des Rédacteurs qui ne lisent aucun papier un peu plus techniques que les balises title, et des SEO qui semblent mépriser la Rédaction en croyant qu’un malgache sous-payé (ou un bot de spinning) fait illusion. Bien sûr, je caricature, et cela ne concerne pas tout le monde. Alors, on se calme, et continue pour voir où je veux en venir.

Google va vous forcer à vous faire des bisous

Rédaction Web et SEO doivent s'entendre

Voire des léchouilles dans les coins. En fait, avec l’évolution du Search, avec l’affinement des algorithmes visant à se rapprocher du comportement de l’utilisateur et de son vocabulaire, Google force les deux professions à voir plus loin que leur matière.

Une des deux l’a déjà compris, et je parle évidemment des SEO.

Parce que, voyez-vous, les Référenceurs sont obligés de se mettre à jour et de tenter de décrypter les algos. De ce fait, ils intègrent depuis des années l’idée d’une sémantique propre à une thématique. L’engouement actuel pour le cocon sémantique et les métas-mots est symptomatique : aujourd’hui, le grand public du Web commence à connaître l’importance des mots, et surtout, il y a de plus en plus d’articles accessibles à tous.

Et alors ? Alors cela nous dit clairement que le futur est dans la précision linguistique les enfants ! Et cela nous démontre qu’il est grand temps que les deux corps de métiers du Web commencent à communiquer entre eux.

Comprendre le SEO est une question de survie pour le Rédacteur Web

Je pèse mes mots, et je m’adresse directement aux confrères. Il n’est pas ici question de se prendre la tête avec le cosinus de « je-sais-plus-quoi ». Ce n’est pas une obligation. En revanche, il est impératif de dépasser les recos classiques du remplissage de balises ou de méta !

Pourquoi ?

Parce que l’évolution du Référencement naturel fait que la linguistique et la technique sont en train de s’entremêler plus que jamais. Prenons un exemple tout bête : mon article sur l’article de Christian (inception !). Dedans, j’explique que j’entrevois l’importance des métas-mots, l’importance de « l’odeur d’une thématique », et surtout : l’importance de comprendre les subtilités du choix fait par le Consultant dans sa liste de mots clés.

Même si ce domaine m’est obscur. Même si je dois faire travailler une partie de mon cerveau qui aime bien se la couler douce, ces travaux de sémantique me concernent.

Ils TE concernent, ami Rédacteur Web.

Pourquoi ?

Parce que dans la mesure où ton job est de faire en sorte d’appliquer les théories de ton SEO préféré en version écrite, pour répondre au mieux à sa demande, il te faut comprendre la raison de son choix. Si on te balance une liste de mots à placer, par ordre d’importance, tu as deux solutions : la première consistera à ne te poser aucune question, et à tout insérer comme un gentil bot organique. La seconde, et la plus logique, sera de demander « pourquoi », avant d’appliquer. Rends-toi service, fais en sorte de connaître ce « pourquoi », et écrire sera beaucoup plus fluide.

Plus fluide, mais aussi plus efficace ! Quand tu te cantonnes aux balises titles, que tu ponds une page Web, que tu l’envoies au SEO, et qu’il te gueule dessus, tu es perdu. Pourquoi gueule-t-il ? Parce que t’as utilisé plusieurs mots clés, et mélangé tes lexies. Du coup, tu passes pour un pignouf, tu perds des thunes, tu fais perdre des thunes, et comme personne ne t’explique pourquoi t’as merdé, tu vas recommencer.

Si aujourd’hui on te pardonne cette méconnaissance, je gage que demain, ça te sera fatal. Alors, si tu veux survivre ami Rédacteur, mets-toi en tête d’apprendre.

Amis SEO, parlez donc à quelqu’un d’autre qu’à vous-même !

Il y a peut-être quelque chose de grisant dans l’idée de faire partie d’une sorte de secte restreinte, où seuls « ceux qui savent » peuvent entrer. Certes. En revanche, à force de rendre obscur le moindre papier, la moindre avancée, vous vous tirez une balle dans le pied.

En plus de participer à la mauvaise image de votre métier (ou à son manque de visibilité, justement), vous fermez la porte à votre principal allié : notre bon Rédacteur Web !

Car, ce pauvre bougre n’a pas la même expérience que vous, ne maîtrise peut-être pas votre vocabulaire, sauf qu’il a peut-être envie de vous comprendre, afin de mieux travailler avec vous.

Il est donc fondamental que les articles de SEO s’adressent aussi au « grand public ».

Deux raisons : la communication vous apportera de la reconnaissance. Eh oui, si t’en as marre que les Community Managers aient meilleure Presse que toi, voici donc un levier à actionner. La seconde est toute simple : si tu donnes à ton partenaire (le Rédacteur), les moyens de comprendre ce qu’il doit faire, il le fera plus vite, mieux, et tout le monde sera gagnant !

Equipe de charme et de choc

Blues Brothers

En conclusion, je crois qu’il est important de rappeler que SEO et Rédacteur Web travaillent main dans la main avec un objectif commun : pousser un site dans le top 3.

Si le contenu est roi, l’optimisation est sa couronne.

Alors, arrêtons donc de marabouter dans notre coin en croyant que la virgule ne se mélange pas à la balise. Il y a beaucoup à gagner dans cette association, à condition qu’elle soit exploitée à son maximum !

 

 

Note : Si tu veux la version romancée de ce problème, fais donc un tour sur la nouvelle ! Je laisse à votre discrétion l’identité de la Louve. Cela peut tout aussi bien être Google, qu’Internet en général.

Camille Écrit par :

Actuellement : Zerg de mauvais poil Evolution ultime : Mutalisk relativement polie Vend les mots comme du bétail, prostitue les idées, et maltraite son clavier. Ecrit parfois pour de vrai, quand on lui fout la paix.

5 commentaires

  1. 15 février 2016
    Répondre

    Bonjour,

    Sujet plaisant à lire mais il a peut être une troisième voie à l’histoire.
    Des SEO qui développent leur côté rédacteur
    Des rédacteurs qui se mettent à la technique
    Alors bien sûr, ces deux métiers demandent tellement de temps chacun qu’il ne peuvent être parfaitement entremêlés à égale quantité mais cela donnera des SEO surpuissants qui auront tantôt un profil techno, tantôt redacto et chacun proposera ses solutions personnalisées aux clients.
    Après tout, Romus et Romulus ont donné des romains infine non ?

    • 15 février 2016
      Répondre

      Bonsoir,

      Merci pour ta réponse et ta façon de retomber sur le mythe Romain ^^

      Je pense effectivement qu’il s’agit d’une troisième option, mais, naturellement, ces personnes portant la double-casquette, arrivent sans aucun problème à comprendre les enjeux de la synergie dont je parle. A l’instar de ceux qui ont le Dev’ et le SEO, d’ailleurs.

      Je voulais surtout aborder le cas où nous sommes faces à deux métiers « distincts », qui n’ont que rarement l’occasion d’aller dans l’univers de l’autre. A dire vrai, cela part de ma propre expérience : il y a encore quelques mois, je ne m’attendais absolument pas à cette étroite interaction. Je savais que c’était lié, j’ignorais juste à quel point (c’pas pour rien qu’aujourd’hui je tente de comprendre des notions que je trouvais poussées).

      Je ne suis pas persuadée que la disparition totale du profil « full SEO » ou « full rédaction » soit bénéfique. Pour les raisons que tu soulèves justement, de temps, et de niveau débloqué par la pratique, mais également pour des raisons de logique : l’un ou l’autre aura toujours pour « but final » un domaine bien précis. Du moins, je le crois.

      Par exemple, j’ai beau faire de la Rédaction Web, mon but et mon kiffe premier (et ma première compétence également) est surtout d’écrire des histoires. Tout le travail que je dois faire pour mon métier, pour comprendre certaines choses en SEO, me laissent peu de temps pour poursuivre la voie vers laquelle je tends.

      Bref, il faut plus de compréhension, d’intérêt mutuel, et de communication. A long terme, je doute qu’ils puissent efficacement se substituer l’un et l’autre, quand il suffit d’être une équipe efficace.

      Note : Mon avis est probablement biaisé, après tout, je travaille en étroite collaboration avec un SEO qui me pousse à comprendre et m’explique beaucoup de choses 😉

      • Sabattini
        16 février 2016
        Répondre

        Bonjour,

        J’entends tout à fait ta réponse Camille.
        Mon point de vue prend plus justement son sens dans le monde des TPE qui ne peuvent rarement s’offrir un SEO expérimenté (avec toutes ses exigences de production) et un rédacteur passionné d’histoire (comme tu l’es).
        Un bon référencement doit avoir un ROI positif. Rien ne sert de mettre en place la stratégie SEO de Red Bull et de contacter Andrew Stanton pour la rédaction des pages de son site web lorsque l’on est un loueur de gîte en Guadeloupe…
        Mais je te rejoins à 100% pour les entreprises avec de grosses ambitions sur des marchés concurrentiels, là il faut du pro très nichés pour faire la différence avec la concurrence.
        Note : mon avis est biaisé également, j’adore écrire des histoires et suis secrètement jaloux des rédacteurs web qui ont 100 % de leur temps à consacrer à cela 😉

        Sébastien

        • 17 février 2016
          Répondre

          Bonjour ^^

          Je n’avais pas pensé aux petites sociétés, c’est vrai. Et pourtant, on en a beaucoup en clients, mais comme on s’adapte David et moi à leurs besoins/budget au maximum, je ne m’en rends pas bien compte. Et oui, c’est là que le mythe de Remus et Romulus prend son sens en entier : à la fin, il n’en reste qu’un.

          Ne sois pas jaloux. Il y a un Delta entre les histoires pures que l’on aime écrire quand on aime écrire (cette phrase est à chier), et le métier. François Lamé dirait qu’in fine, tu racontes toujours des histoires. Mais, à ma petite échelle, je sens quand même une nette différence. MAIS… Oui, c’est un kiffe d’écrire tout le temps, je l’avoue ^^’

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