Nouveau défi Copywriting : Au commencement

Salutatous ! Vous commencez à  y être habitués, mais j’aime bien tester des trucs. Et ma nouvelle lubie est la suivante :

J’apprends le copywriting, et je vous fais partager.

Tout est parti d’une question de Laurent Bourrelly : « Est-ce que tu sais faire du Copywriting ? »

La réponse a été très simple : « Je ne sais même pas de quoi tu parles… » Fidèle à moi-même, je me suis dit que je devais apprendre ce truc. Et je galère, vous-vous en doutez. Alors voilà le concept de cette nouvelle catégorie :

Lire des textes explicatifs sur le Copywriting ne suffit pas. Il faut aussi s’exercer. Et, j’ai beaucoup de chance, François Lamé a des rêves de professorat inachevés. Là-dessus, il me propose de m’épauler, me faire des retours sur les textes.

Alors, allons donc plus loin : allons-y tous ensemble.

Régulièrement, chaque fois que j’aurai quelque chose de nouveau dans mon apprentissage à dire, cela se passera ici. Ce soir, pour inaugurer, je publie le premier exercice. Le sujet est volontairement « étrange ». Je vous donne mon sentiment quant à ce texte, vous participez si vous le souhaitez via commentaires, tweets, articles, pigeons (vous connaissez le truc), et je recommence. En « live ».

Si vous voulez me donner des sujets. Je prends. Des critiques, je prends (beaucoup). En fait : J’APPRENDS !

Passons à l’exercice du soir, maintenant.


 

 

Devenir une banane, l’ambition qui porte ses fruits

Ce n’est pas un hasard si vous êtes ici, intrigué par cette idée novatrice et culottée. Non, ce n’est pas du tout une coïncidence. Vous croyez que cela n’a rien à voir avec votre destinée ? Réellement ? Et, pourtant ! Vous voulez être riche, vous voulez être beau, mais vous voulez surtout plus. Beaucoup plus ! Engoncé dans votre corps d’Humain, disgracieux, suintant, affligé par la vieillesse et la décrépitude ; vous rêvez d’autre chose. Secrètement, vous savez que la vérité est ailleurs.

Vous le savez, et vous l’avez déjà expérimenté. On vous a menti tant de fois. On vous a fait croire que la vie pourrait changer. Que votre vie pourrait changer. Qu’il vous fallait être allongé sur une plage pour être heureux. Que vous aviez besoin de voyager à travers le monde pour partir à votre propre rencontre. Alors, pour ce faire, pour tenter d’accéder à cette utopie irréalisable, vous avez déboursé des sommes folles dans des coachings, des formations, des clés de réussite. Et maintenant, vous voilà ici. Ruiné, désespéré, l’impression intense d’être coincé dans une fatalité qui vous tue à petit feu.

Coincé avec la certitude d’avoir visé la lune, en vain.

Et si la solution ne se trouvait pas dans le ciel ? Si votre place était à votre portée de main ? Et si je vous disais que c’est vers la Terre, et plus précisément ses arbres, que vos espoirs doivent se tourner ?

Vous êtes prêt à entendre la Vérité. Oui, vous êtes prêt. Vous avez eu le courage de jeter vos préjugés dans la corbeille à Spams de votre boîte mails. Et, bonne nouvelle : c’est également la place de tous ces rêves manquant d’envergure. Mais ça, vous le savez déjà. Ce que vous ne savez pas, en revanche, c’est que votre rêve, votre futur, votre changement, passeront par une transformation magique.

Un chamboulement si incroyable que toutes les théories de Darwin s’offusqueraient à simplement en formuler l’hypothèse. Mais ce n’est pas une idée. Ce n’est pas une thèse. C’est un avenir !

Voilà ce que vous venez chercher : un avenir doux, sucré, fondant. Un avenir enrobé d’une odeur légère et exotique. Un avenir où vous serez aimé de tous !

Que peut bien être l’argent quand on a l’amour de toute une création ? L’amour de tous les primates, qu’ils soient en costume, ou les fesses à l’air en Amazonie, cet avenir vous tend les bras ! Bien plus important que la gloire, le plaisir, et l’ivresse de la célébrité humaine, l’adoration totale de toute papille gustative, de toute narine poilue ; cette vénération n’est réservée qu’à ceux qui oseront remonter dans l’arbre.

A ceux qui oseront devenir une banane !

Rappelez-vous : vos parents, vos amis, vos professeurs, vous ont peut-être dit toute votre enfance que vous pouviez être ce que vous vouliez ? Devenir qui vous vouliez. Ce que vous vouliez. Et en grandissant, la vie d’Humain s’est chargée de vous rappeler que cette idée était folle. Qu’elle était impensable. Inatteignable.

Vraiment ? Le problème ne serait-il pas tout simplement que ceux qui vous enferment aujourd’hui ont à cœur de vous éloigner de votre transformation future ? Vous connaissez déjà la réponse.

Car, oui, vous voulez être une banane. Et vous savez que vous allez y arriver !

Il n’y a rien à payer. Rien à sacrifier. Vous n’avez rien à faire. Simplement à décider, une bonne fois pour toutes, d’embrasser enfin votre véritable Moi. Personne ne vous en empêchera. Personne ne le peut ! Et aucune force dans l’univers ne pourra faire barrière à votre mutation.

Mais, attention : une fois votre transformation entamée, une fois que vous aurez décidé de rejeter votre enveloppe de viande pour vous revêtir d’une robe d’or, vous ne pourrez plus faire machine arrière. Car quelqu’un vous l’interdira.

Vous.

Etre une banane n’est pas seulement agréable. Etre une banane, c’est être aimé de tout le monde. Car tout le monde aime les bananes. Etre une banane, c’est toucher à l’ensemble des gourmands, petits ou grands.

Etre une banane, c’est faire rougir les jeunes filles et pouffer de rire les garçons. Votre forme, longiligne, phallique, parfaite, n’aura jamais autant d’attrait que sous les traits d’une banane.

Et vous ne voudrez plus être autre chose qu’une banane.

Pensez banane.
Vivez banane.
Devenez banane !


 

 

Mon analyse : J’ai mis deux heures-trente pour faire ça. Enfin, à taper. En amont, il m’a fallu une journée de réflexion. Je n’arrivais pas du tout à travailler. Je me suis basée sur la structure donnée par François :

  • 1 le milieu de l’action
  • 2 puis un récap de la problématique
  • 3 un déroulé
  • 4 un climax
  • 5 une résolution
  • 6 un final

Mais, je pense que je me suis trop calquée dessus. Après relecture, j’ai dérivé, et je suis partie dans une sorte de parodie de vendeurs de rêves. Je ne pense pas que cela soit vraiment percutant.

Conclusion après ce premier test : je ne suis pas satisfaite. J’ai fini par laisser mon clavier tranquille pour passer au jugement, car je n’arrive pas à comprendre ce qui pêche.

Et vous ?

Camille Écrit par :

Actuellement : Zerg de mauvais poil Evolution ultime : Mutalisk relativement polie Vend les mots comme du bétail, prostitue les idées, et maltraite son clavier. Ecrit parfois pour de vrai, quand on lui fout la paix.

19 commentaires

  1. 28 janvier 2016
    Répondre

    « Sell my this pen »

    Je vais te laisser creuser de ton côté.
    Tu vas lire plein de théories et d’exemples. Comprendre l’Anglais est obligatoire car la littérature en Français est moins riche.

    Sois une éponge et imbibe toi d’exemples vivants autour de toi :

    Force toi à regarder le téléachat et analyse leur système, décortique les Adwords, cherche des exemples de vieilles newsletters envoyées par courrier, fais des exercices autour de sujets concrets et pas la banane, fais des recherches sur les méthodes des hommes politiques pour te convaincre de voter pour eux, étudie comment fonctionnent les vendeurs de rêve, etc.

    Tu pourras juger du niveau d’éthique de chacun, mais ne juge pas le système.
    Le système marche, c’est l’homme qui en abuse.
    Par exemple, le système de vente du lancement orchestré que je dénonce couramment est diaboliquement efficace.
    Il est pervers et très dangereux, mais c’est un concentre des techniques les plus agressives et efficace, en termes de marketing.
    Si tu en retires la substantifique moelle, sans tomber dans le panneau, alors c’est le jackpot.

    Pour être pragmatique, tu t’entraîner directement sur les principaux éléments que tu vas rencontrer sur le Web :
    1/ Des titres vendeurs
    2/ Des descriptions produits qui vendent
    3/ Des pages de vente

    Continue de théoriser, mais rentre vite dans le concret.

    Justement, pour être concret, j’ai une autre structure à proposer : celle d’une page de vente qui marche (titre et description, je te laisse chercher. La PDV c’est plus compliqué).

    Ce n’est pas la structure universelle, mais elle fonctionne très bien.

    C’est une structure simple et efficace pour dérouler correctement un argumentaire dans une page de vente :

    1/ Promesse (Comment tu transformes Mario en Super Mario, le bénéfice de la solution, etc.)
    2/ Les problèmes que tu vas résoudre
    3/ Fausses solutions (ce que tout le monde fait et qui ne marche pas) et/ou mettre en avant les peurs, angoisses, etc.
    4/ Ce que le lecteur n’aura plus besoin de faire en adoptant la solution
    5/ Des preuves que ça marche (et prouver le retour sur investissement)

    • 28 janvier 2016
      Répondre

      Fiou !

      Merci beaucoup pour ton retour, et surtout tes conseils !

      Je me suis amusée à écouter/lire les publicités, dans ce but, comme tu le préconises, mais tu touches du doigt un frein que je ne parviens toujours pas à m’enlever : je juge trop le concept. Ce qui m’empêche de le comprendre, l’adopter, et en faire mien avec « éthique ». J’espère être ne pas être trop incompréhensible sur ce point ^^’.

      Je le vois, dans mon approche lorsque je suis face à ce genre de discours, et je l’ai vu pendant mon écriture. Il faut que je « démoralise » les textes pour arriver à les voir réellement.

      Pour la banane, je suis d’accord, c’était amusant après coup, mais je n’ai pas du tout réussi à traiter le sujet avec sérieux. En sort un texte trop satirique. Qui pourrait être bon… Mais pour une satire. Et encore, je pense que j’ai visé à côté sur la méthode.

      Enfin, la page de vente, c’est un sujet que je risque de faire, et refaire en exercices. Aujourd’hui, je suis comme une poule devant un couteau. J’ai été incapable de faire mes propres pages. A une époque sur PressEnter, il y avait quelque chose (c’est toujours en ligne, mais faut savoir chercher), mais rien qui n’incite à l’achat. En gros : c’est pas vendeur, c’est donc complètement à côté de la plaque.

      Je repars donc sur une phase de prospection/étude. Et j’embrayerai sur un second test, en suivant ton exercice.

      Merci beaucoup pour ta collaboration, c’est vraiment intéressant comme système, et je pense profitable à tous.

      La suite, au prochain numéro 🙂

  2. 28 janvier 2016
    Répondre

    il fallait lire « Sell mE this pen » of course.

    Oui c’est super important de n’en retirer que la substantifique moelle car tu vas forcément entrer dans des notions de persuasion et manipulation.

    Lire « Croyez moi je vous mens » est rigolo car il manipule les médias. Il a su analyser les points de vulnérabilité de sa cible (les journalistes), les failles dans leur fonctionnement pour leur faire gober ce qu’il voulait.
    Décortiquer les méthode des voyants est plus chelou, mais ils ont aussi des systèmes pour profiler la cible et la manipuler.
    Et moi je parle de buyer persona avec mes clients, afin de mieux identifier leurs cibles et mieux servir la solution à leur problème.

    Tous manipulateurs ?

    Peut-être… chacun met sa jauge éthique où il veut et régule le niveau d’agression marketing.
    Les problèmes arrivent quand tu le fais à l’insu de ton plein grès, ne sachant pas ce que tu fais.
    D’où l’émergence de mon combat contre les vendeurs de rêve, qui représentent le caniveau du marketing.
    Avec eux on est dans l’abus de faiblesse, la vente pyramidale, etc.

    • 29 janvier 2016
      Répondre

      T’inquiète pas pour l’exercice type. On me l’avait déjà fait il y a des années (mais genre… J’avais plus entendu ça depuis une éternité !) du coup, j’avais remis les mots ^^

      Oui, j’vois ce que tu veux dire, se fermer à ça sous prétexte d’abus, serait se fermer à la Politique, à l’Histoire, ou la Médecine pour les mêmes raisons (pour ne citer que ces domaines).

      Je vais dépasser ça.

  3. François
    29 janvier 2016
    Répondre

    Que ce soit une page de vente, un mailing, une histoire drôle, un article journalistique, un essai philosophique ou sociologique, un sketch d’humoriste, un scénario de film ou un roman, la structure est toujours la même.
    Elle a été formalisée il y a bien longtemps par le grec Aristote – in La Poétique. Puis reprise par tous les gourous du « narrative », du creative writing, de la fiction, de la linguistique (sémiotique ou schémas narratifs) mais également par tous ceux qui, intéressés par les dollars, veulent vendre quelque chose à quelqu’un, veulent persuader quelqu’un de rentrer dans leur histoire (créer une histoire commune pour les faire rentrer dans un « yes set »)

    Au préalable déterminer qui parle à qui (« les persona » sont des représentations symboliques commodes dans la vente mais dans n’importe quelle situation d’interaction irl ou textuelle) et puis déterminer comment on va faire parler « la voix qui parle » à ces auditeurs/lecteurs. Enfin, il faut identifier des « forces adverses » qui vont servir de révélation en creux de la problématiques (plus le méchant est méchant, plus le film est réussi non?)

    1 Il faut arriver au milieu de l’action (tension narrative, quand je parle d’action, il peut s’agir de tension symbolique entre deux notions, concepts ou deux désirs, deux niveaux d’intertextualité). Il est tout à fait possible de faire du suspens ou même d’annoncer le climax dès l’entrée. Cette entrée en matière directe permet de mettre dans la même position « la voix qui parle » et « les yeux qui lisent ou les oreilles qui écoutent » (même position par rapport à un sujet qui apparaît comme « en face d’eux »)
    2 Il faut formuler rapidement la tension narrative au plus juste dans un souci de clarté d’énonciation et dans un souci de dramatisation (au sens de « drama », dramaturgie)
    3 Il faut reprendre lentement le déroulé narratif depuis le début jusqu’au « climax », point maximum d’intensité. Pour ce faire, il faut mettre en scène la tension narrative de la force du désir qui se déploie contre les forces adverses (cela peut être les méchantes pratiques des concurrents, les mauvais produits, les actions des méchants, les forces inconscientes chez soi, les autres etc.). cette phase est plus ou moins longue, plus ou moins forte mais globalement la tension monte crescendo vers le climax.
    4 Le climax est le point culminant de la crise entre le désir qui de déploie contre les forces adverses. le point maximum d’intensité. La crise est une chance tout autant qu’une malchance. C’est là où il y a le maximum de « risque » dans la narration. Il y a réduction, du décor, du contexte et la dramaturgie, à son comble établit un huis-clôs avec la problématique dans un « face à face » de la dernière chance.
    5 Il y a résolution de la problématique soit positive soit négative soit ironique (on pense que c’est positif ou négatif mais finalement une ou des forces adverses bougent encore).
    6 Dernière séquence, les conséquences de la résolution sur les acteurs.

    Enfin, et ce n’est pas le moindre des conseils : attention à l’économie narrative. Tout sert un texte. Chaque mot, chaque phrase doit servir le plan d’ensemble. Il ne faut pas écrire trop ou pas assez. L’économie narrative est le ratio entre la dépense d’énergie narrative/le gain en terme d’objectif.

    Je dirais donc pour le texte (rigolo) que je viens de lire sur les bananes :
    1 attention au sujet, il doit être incarné (le « qui parle » souffre de faiblesse d’incarnation – tu n’as pas voulu vraiment croire à ta banane ^^. Il s’agissait d’une galéjade, le risque était donc fort de faire un texte juste rigolo… Et c’est rigolo pour le coup mais pas assez incarné.
    2 du coup ta dramaturgie manque de réalisme. En fait un texte marche bien si l’on peut établir un « contrat de lecture « fort avec la voix qui parle. Si le qui parle n’est pas bien incarné ou le à qui tu parles (persona si tu veux) mal représenté, ton texte s’affaiblit.
    3 Attention aux forces adverses. Là tu en as mis beaucoup alors que le sujet est juste rigolo et pas assez identifié à « cette transformation intérieure » qui sous tend ton « devenir banane ».
    3 Attention à ton économie narrative. Tu écris trop pour faire trop d’ effets de manche. On dirait un jeune avocat qui en fait trop, un jeune comédien qui surjoue. C’est rigolo mais affaiblit ce « contrat de lecture ».

    Conclusion : un texte rigolo (mais est-ce suffisant par rapport à ton but?) mais qui souffre d’excès d’enthousiasme et de désir de bien faire. Le texte manque de réflexions sur l »économie de moyens (l’économie de moyen est un bon procédé pour réfléchir à son efficacité narrative). Il manque d’incarnation et d' »Ethos » (incarnation de la voix qui parle et incarnation des forces en jeu*). Il est rigolo mais n’a pas un contrat de lecture suffisant pour le but que tu t’es fixé (démontrer que tu progressais dans la pratique narrative)

    * Ethos (dans wikipedia)
    Pour l’art rhétorique, l’ethos correspond à l’image que le locuteur donne de lui-même à travers son discours. Il s’agit essentiellement pour lui d’établir sa crédibilité par la mise en scène de qualités morales comme la bienveillance et la magnanimité. Par extension, tout acte (discursif ou non) qui contribue à rendre manifeste un tempérament ou des traits de caractère participe de l’ethos.

    L’ethos représente le style que doit prendre l’orateur pour capter l’attention et gagner la confiance de l’auditoire, pour se rendre crédible et sympathique. Il s’adresse à l’imagination de l’interlocuteur. Aristote définit le bon sens, la vertu et la bienveillance comme étant les éléments facilitant la confiance en l’orateur. Ces trois notions ont été diversement traduites et complétées au cours des siècles : Aristote les a énoncées dans une culture où elles prenaient un sens différent.

    Le logos, quant à lui, représente la logique, le raisonnement et le mode de construction de l’argumentation. Il s’adresse à l’esprit rationnel de l’interlocuteur, tandis que le pathos s’adresse à la sensibilité de l’auditoire — ses tendances, passions, désirs, sentiments, émotions… L’orateur cherche à faire ressentir à l’auditoire des passions : la colère, l’amour, la pitié, l’émulation… De son côté, il ne doit pas se départir de son calme, de son rôle de sage. Ethos et pathos cherchent à séduire l’auditoire.

    S’inspirant de la rhétorique aristotélicienne, Roland Barthes liait l’ethos à l’émetteur, le pathos au récepteur et le logos au message.

    • 29 janvier 2016
      Répondre

      Merci beaucoup pour le temps que tu as pris à répondre.

      Le schéma que tu explicites ne devrait pas m’être difficile à mettre en oeuvre. C’est celui de tout récit, plus particulièrement des contes quand on y pense. Pourtant, dans une réalisation « terre à terre », j’ai plus de difficultés.
      On reboucle sur la conversation qu’on avait eue : à savoir que quel que soit le sujet, la cible, ou le but, on raconte une histoire.

      Et comme je viens de te le dire sur Skype : il faut juste que je passe ce voile.

      L’économie des mots est un point que je trouve délicat à travailler. J’ai typiquement cet aspect boulimique et de sur-enchère dans ma façon d’écrire, aller au percutant va être un défi particulier à relever.

      Enfin, à l’instar de Laurent, t’as aussi très bien vu un point important : Je voulais trop bien faire, ça s’est vu. Le résultat narratif est une faiblesse que j’ai également en écriture lorsque je travaille sur mes histoires ou nouvelles. Quand je suis mal à l’aise, ça fini par se voir, car je sur-compense par des effets.

      Voilà qui est réellement intéressant. Je ne regrette pas cette idée. Ecrire un article n’apporte que rarement des critiques sur la forme. Alors qu’ici, on est en plein dans l’analyse d’une structure. Il va falloir que j’intègre cela au prochain exercice : un récap’ de vos points, pour ceux qui traînent ici et souhaiteraient avoir ces avis.

      Encore une fois, merci, j’ai plein de travail à faire ^^

  4. François
    29 janvier 2016
    Répondre

    @laurentbourelly Tout à fait d’accord avec toi concernant les vendeurs de rêve que tu dénonces. Je rêve d’un enseignement dès l’école des lois de la rhétorique, de la linguistique dont sémiotique, du story-telling. Je rêve de cours sur le pouvoir des mots et ceux de la communication interpersonnelle. On devrait pouvoir former chacun à savoir ce qu’il risque à « rentrer dans les histoires des autres ». La joie que cela procure (la création nous le rappelle sans cesse) mais également les risques que l’on prend à s’ajuster « malgré soi » aux histoires et dramaturgies des autres. Le philosophe Alain disait que pour ne vraiment pas croire l’horoscope du jour, il ne fallait pas le lire du tout. A partir du moment où on le lit, on est déjà dans les filets de la confiance (plus ou moins relative) que l’on porte à l’histoire de l’autre.

  5. François
    29 janvier 2016
    Répondre

    @camille. Oui de tout conte depuis plus de mille et une nuits ^^. Et l’on raconte une histoire pour que l’autre nous accorde son attention et oublie sa propre histoire (celle qui lui demandait notre tête au départ). Bon courage Shéhérazade. Bon travail d’économie narrative ! Biz

    • 29 janvier 2016
      Répondre

      Belle analogie ^^

      Je dois donc faire en sorte qu’on oublie que l’on veut me tuer ? Susciter un désir tel, que l’on repousse mon exécution afin de connaître la fin de l’histoire…?

      Au prochain billet d’exercice, vu que je comptais faire une synthèse, je pense que je reprendrai cette image, je la trouve parlante 😀

  6. 30 janvier 2016
    Répondre

    Je rejoins l’analyse de François (celle de 9h48, quand il était encore frais et capable d’écrire 6430 caractères incluant les espaces… je le sais, j’ai compté, tu peux vérifier).
    J’ai trouvé un manque d’intrigue. Du coup, j’ai dû fournir un effort pour avancer dans le texte. Ce qui accroche, le contrat dont il parle est évoqué dans le titre, mais n’est repris nulle part par la suite, pas même dans l’intro… On l’attend… On l’attend… Et quand il arrive, c’est déjà la conclusion. Ce qui m’a manqué au cours de la lecture, je crois, c’est le fait d’être tenu en haleine.
    Tu sais écrire, c’est indéniable, c’est enlevé, c’est frais, y’a de l’humour.

    À mon avis, sur ce coup-là, ce qui te manque, c’est un sujet, tout simplement. Je suis persuadé que tu as dû plus te creuser la tête à savoir ce que tu allais bien pouvoir écrire, plutôt que de l’écrire. Je me trompe ?

    Trouve d’abord ton sujet, ou fais-toi imposer un sujet, par un collègue ou un client, et copywrite, l’amie, copywrite dans les clous.

    Oui, dans les clous, car, un copywriter, ce n’est ni plus ni moins qu’une personne qui écrit des trucs, en général pour promouvoir quelque chose. On trouve 1000 définitions du copywriting, mais, perso, je pense que c’est une personne qui écrit, tout simplement. Certains le font avec un talent indéniable, d’autres le font. Des techniques, il y en a. Et on peut palier au manque de talent avec de l’apprentissage de ces techniques.

    Globalement, je suis assez d’accord avec ce que dit Clare Dodd du copywriter, ici : http://www.articulatemarketing.com/what-does-a-copywriter-do : les 5/6 du boulot, c’est tout sauf de l’écriture. Même si c’est terriblement dur à accepter quand on tripe sur du Stendhal, du Artaud, du Paul-Jean Toulet, ou du Pierre Jean Jouve (je parle pour moi), c’est malheureusement l’affreuse réalité du métier de copywriter : on a le devoir de rationaliser le propos à des fins d’adhésion (fut-elle même partielle). Et pour des littéraires pur jus, ça fait toujours mal…

    En revanche, là où François théorise un peu trop à mon goût, c’est sur l’Ethos, le pathos, le logos et le Roland Garros (Barthos ? Je ne sais plus…). Ok, il faut maîtriser les techniques de récit, les fondamentaux de la communication, c’est évident, mais, un bon texte est avant tout une bonne intrigue ou une bonne histoire.
    Tu dois entraîner le lecteur d’un point A à un point B, même s’il connaît parfaitement le point B dès le début du texte, et pour qu’il te suive jusqu’au point B, il va falloir le scotcher…
    Comme on dit, ce qui compte, ce n’est pas la destination mais le voyage. Allez, fais-nous voyager !

    • 30 janvier 2016
      Répondre

      Merci Patrice pour ton retour !

      Effectivement, après avoir relu encore une fois le texte, j’ai vu que je n’avais pas du tout parlé du plaisir et de l’apport que pouvait être le fait d’une banane. Je n’ai pas parlé de SuperMario du tout en fait.
      J’en ai chié sur l’écriture, à reprendre le moindre mot, le moindre paragraphe. Ça se voit, c’est poussif. On voit les ficelles, et pas les bonnes. Alors, que, comme vous le dites : je dois raconter un truc.

      Ca me fait deux défis à relever, à moins que les deux soient liés.

      On verra ça à tête reposée 🙂

      Merci pour ton lien, j’vais zieuter ça !

      • 31 janvier 2016
        Répondre

        Les deux sont liés, et c’est là toute l’astuce, je crois (car je ne suis sûr de rien)…
        Faire comme le jongleur, donner l’impression que c’est facile, qu’il n’y a pas des milliers d’heures de travail derrière. Tu dois jongler et sourire en même temps, mais pas d’un sourire crispé. Ton sourire doit rester naturel et ton regard doit régulièrement capter celui de ton public (lectorat).
        Pour ta plume, il en va de même. Respecte-la, ne la sacrifie pas sur l’autel de la persuasion, ou ça risque de faire téléphoné du coup. Garde ton rythme dans le phrasé, et surtout pense à nous emmener quelque part : tu es notre guide tout au long du texte. À l’instar d’un guide touristique, tu nous donnes à voir sur notre gauche tel aspect, sur notre droite tel possible, etc… Mais cela sous-entend sans doute que tu connaisses parfaitement ton sujet, que tu le maîtrises.
        Bon courage 🙂

        • 31 janvier 2016
          Répondre

          Oui, je pense que le naturel va être la partie finale la plus délicate et décisive.

          Pour le moment, je me concentre sur la structure, je vais éviter au cours des prochains exercices de trop sacrifier la plume. Cela ne me rendra pas service, et risque même de me faire prendre de mauvaises habitudes.

          J’aime bien ton analogie du jongleur ^^. A ceci près que je n’ai jamais réussi à jongler.

  7. François
    1 février 2016
    Répondre

    @ Patrice. A mon sens, un peu de théorie, de connaissance de la linguistique, de la communication et de la critique, cela permet de pouvoir parler d’un texte d’un point de vue technique.
    Simplement technique (et même si cela fait vieux con de parler théorie et technique, je pense que c’est juste comme parler d’une voiture en soulevant le capot plutôt qu’en disant « woaw »)
    J’ai souvent vu des gens parler d’un texte d’un point de vue si flou que personne n’arrivait à comprendre ce que le locuteur disait quand il parlait d' »énergie », d' »élan » etc. Seul son comptage du nombre de virgules paraissait pertinent pour accepter ou refuser un texte (c’était bien sûr ridicule).
    Aujourd’hui, alors qu’avec le web, foisonnent les jeunes, voire très jeunes blogueurs et rédacteurs de toutes sortes et horizons, les bricoleurs du dimanche abondent … et un grand nombre d’entre-eux n’ont que bien peu de savoirs théoriques et techniques – c’est aussi pourquoi aussi les « contenus » se ressemblent quasi tous.
    Je viens de lire un article ou des gens découvrent la lune (SEOesque) en parlant de champ lexical et de champ sémantique. Cela m’a bluffé ^^.
    Non Google n’a pas inventé la linguistique. Je sais : c’est difficile à croire ^^
    Je me dis qu’ il est sans doute intéressant de promouvoir les aspects simplement « techniques » d’un texte. Aucune inspiration ailée vient nous visiter et vient se percher sur notre épaule. Notre job est bien technique. Des gens, des chercheurs, des linguistes, des essayistes, des romanciers ont essayé de décortiquer les textes depuis fort longtemps. Je pense que cela vaut le coup de pouvoir connaître les résultats de leurs réflexions.
    Enfin, et là je te rejoins, il existe une grande mystification autour du texte. Celle qui consiste à dire « ouais c’est facile, c’est juste « inspiré et naturel ».
    Tout notre boulot vient de là : « faire semblant ».
    Si « faire semblant » est un art, il est surtout, à mon sens aussi un artisanat.
    Avec des techniques donc.

    • 1 février 2016
      Répondre

      Aaaah, je ne suis pas entièrement d’accord.

      S’il est carrément vrai que l’écriture (au sens large) est moins mystique qu’on ne veut bien le faire croire, il y a tout de même une part d’inspiration. Je prends un exemple tout bête : hier, pendant plus de douze heures, j’ai travaillé sur le chapitre de ma fanfiction. J’ai donc écrit plus de 13k mots (je compte, car le format demande de faire attention), et j’ai passé trois heures en corrections diverses.

      Pour l’écriture, j’avais ma trame, puisque je travaille à l’avance ce qu’il y a plus ou moins dans chacun de mes chapitres. Mais, la mise en forme vient d’un déroulé naturel, et… Est imputable à l’inspiration, quand même.
      Après, la technique arrive surtout lors de la phase de correction. Je vais parfois changer l’ordre des mots ou des paragraphes pour augmenter la tension narrative. Couper à un endroit, changer un point en points de suspension. Bref, c’est plutôt dans un second temps.

      En revanche, oui, je ressens beaucoup plus l’aspect technique sur des sujets professionnels. Particulièrement sur tout ce qui ne concerne pas des articles. Dès qu’on est dans une page, qu’elle soit de présentation, qu’elle doive être optimisée (si elle n’est pas de moi), ou qu’elle doive vendre ; j’ai tendance à me « mécaniser ».

      Donc, mon avis est beaucoup moins tranché. Je crois que l’inspiration est réelle. La Muse n’est pas une légende (quoi que parfois, vu sa fidélité, je me le demande !), et la technique reste un matelas très confortable sur lequel on peut se reposer entièrement, quand on ne ressent pas son texte. Mais, là, pour mes écrits persos, je sais que si je ne vibre pas, ce n’est même pas la peine de prendre le clavier, je serai mauvaise. Chose que tu ne peux malheureusement pas faire avec tes clients – qui s’en foutent, ils veulent leur papier.

  8. François
    1 février 2016
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    Hum. Ma réponse est : https://vimeo.com/78491115
    L’idios kosmos est notre monde intérieur, complexe, mouvant, jamais stabilisé dans sa verbalisation et son essentialisation. Il est le royaume du mysticisme, de la poésie, de la folie (et donc de l' »inspiration »).
    Le Koinos Kosmos, c’est le domaine de l’objectivisation interpersonnelle. C’est ce qui nous permet de parler aux autres et de se faire plus ou moins comprendre dans des registres plus ou moins rationnels. Là aussi, on n’échappe pas à la faille entre mot/chose/réception. Un mot lancée dans une intention, une chose en-soi que l’on veut évoquer à défaut d’invoquer, une réception (très aléatoire).
    Si l’on considère notre idios kosmos, oui l’inspiration existe. Elle gît dans les profondeurs.
    Si l’on considère le Koinos Kosmos, on est obligé de parler cause/conséquences, logiques d’expression, champs sémantiques… Bref techniques.
    La littérature est à la croisée des deux mondes – avec des cas limites d’immersions profondes.

    • 1 février 2016
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      Je ne connaissais pas du tout cette théorie (?), merci pour ton lien, je vais regarder ça ^^

  9. Aurélie
    2 août 2016
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    Super blog !
    Ça fait plaisir de lire des choses différentes et bien écrite.
    c’est vivant

    Ah si j’étais écrivain !

    • 2 août 2016
      Répondre

      Hello !

      Merci pour ton commentaire, c’est pas le blog de fou mais j’essaie d’en faire une zone à moi (et c’est pas fini !!)

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