Recrute freelance avec anus souple ou synthétique

L’un comme l’autre, ça me va, du moment qu’il n’y a pas trop de cris, ou en tout cas que tu saches fermer un peu ta gueule quand j’y viens. Avec quoi ? Oh, un peu de tout, mais surtout avec le Code du Travail… Ouais, le CT dans le cul, ça peut faire très mal. On n’arrête pas de dire qu’il est énorme, tu peux donc commencer à faire une série de pets, parce que tu vas le sentir passer.

Un peu comme les « offres d’emploi » de nos recruteurs 2.0 qu’on voit passer un peu partout. Pas de bol, ça tombe sur Stanislas Leloup dit « Marketing Mania » ou encore « Le maniaque des conversions », expat’ au Vietnam, revenu de sa guerre désuète, le temps d’une petite annonce « Made in Asia ». Et on sait combien les trucs importés de là-bas sont assez mauvais pour la santé…

Statut de Freelance : le piège à cons, l’attire-trous-du-cul

 

Tout part d’une annonce, pourquoi celle-ci ? Parce que c’est la énième que je vois passer, et qu’il est peut-être temps de réagir les cocos (sans mauvais jeu de mots).

Stanislas, si tu me lis, respire. Ce billet n’est pas la pire chose qui te soit arrivée : le goût de tes parents pour les prénoms est un sujet qui devrait autrement plus te préoccuper… (Quoi ? On avait dit pas le physique, non ? J’suis dans les clous, merde !)

Stanislas, c’est qui ? Un gars, un grain, un octet dans l’immensité du milieu des infopreneurs-webmarkéteux-growthhackers-ancliscisme-en-vogue. En soi, son identité n’a pas d’importance. Vous connaissez « Truc », ou son clone « Muche ? » Vous avez déjà croisé la route de « Bidule » ? J’ai même pas besoin de mettre de vrais prénoms, vous me situez la faune locale. D’où ma demande : l’homme, le nom, l’bousin qui n’a pas d’importance, parlons du vrai sujet :

On prend le freelance pour un con. Pas qu’un peu. Tellement qu’ça s’voit !

Recrutement freelance salariat déguisé marketing mania

(Le lien de l’annonce ici )

Tout part de ce lien cette « offre d’emploi ». Stan recrute un assistant marketing… Très bien, mais… Qui est freelance. Ah. C’est-à-dire que notre bon vieux Stan, fort de son expatriation à perpette, a oublié un détail, un minuscule détail :

On ne recrute pas un freelance. On ne recrute pas quelqu’un qui est à son compte. On recrute un salarié, un bénévole, peu importe. Mais on recrute quelqu’un qui peut être placé dans un lien de subordination.

O.M.G V’la que la scribouillarde va nous faire un cours. Non ? Non. Voici une série de liens vous expliquant ces notions, j’ai autre chose à foutre :

Lien de subordination en freelance source : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F31924

Que risque une entreprise en cas de travail illégal ?

Indice : Se faire latter la gueule par l’URSSAF, et on sait tous qu’ils ne sont pas commodes les zozos…

« Oui, mais Stan, il est à l’étranger, il est malin, il s’en fout… » Eh ben c’est pas dit ! L’URSSAF prévoit bien des modalités pour les boîtes étrangères embauchant des FR… Je n’ai pas réussi à trouver des exemples de ce cas précis (requal depuis un freelance fr, pour un client unique étranger), MAIS, contrairement à ce que l’on croit : créer une société à l’étranger, ayant un site FR draguant une clientèle FR… Fait tomber la société étrangère sous le coup de certaines des obligations FR, comme le paiement des impôts, par exemple… !*

*(Si ça vous parle, ou que vous avez un truc type décision et jurisprudence, n’hésitez pas à m’envoyer un mot, je suis pas contre un peu d’aide pour retrouver ça. Vous serez mentionné en « lien du mérite », pour service rendu au blog !)

On n’embauche pas un Freelance, pas plus que celui-ci n’a le droit d’avoir un client unique. Ceci, outre le fait que c’est du travail dissimulé et de l’enculade classique un peu trop répandu, est un fléau qui touche de plus en plus d’indépendants.

 

C’est pas parce qu’il y a « free » que c’est tout permis !

 

Et il est peut-être temps qu’on le rappelle les enfants. Vous vous souvenez de ma saillie qui avait choqué certaines sensibilités et « convictions professionnelles » ? Serrez les fesses les frileux du bon sens et du respect de la personne, parce que j’vais en remettre une couche :

10€ de l’heure

Lol mèmeLe mec propose de recruter quelqu’un à 10€ brut de l’heure. C’est-à-dire qu’il faut enlever toutes les charges (à vos frais, c’est ça l’astuce coco !). Pour vous situer, à l’époque où j’étais intérimaire, et où mon métier consistait à saisir des choses à l’ordinateur, c’était mon salaire… Net. Sans les primes et tout, et tout. Ouais, ça payait bien.

Donc, non content de t’expliquer que tu t’es cassé le cul à monter ta boîte, tout ça pour qu’un quidam avec une PP floue se prenne pour ton patron, ledit quidam t’ajoute au Code du Travail qui chatouille ton scrotum ta dignité et ta valeur.

 

Si t’as envie de pleurer à ce stade, ce n’est pas forcément de douleur…

Bon alors, le poste c’est celui d’un « Assistant Marketing » , mais ça veut pas dire grande chose. C’est comme « Opératrice de… » ou « Chargé de… » et autres titres dans ce genre : ce ne sont que des postes de merde copywrités pour te faire croire que tu n’es pas trop exploité. Et si tu me crois pas, traduisons la liste des taches demandées :

tâches

Traduction : Si tu acceptes sa mission, pour 50€ brut par semaine, tu vas :

  • Faire tout son taff de marketing sur ses vidéos à sa place, de l’upload, jusqu’au SEO, en passant par la revue des stat’s. Mais tkt, il va continuer à dire que c’est lui le… « Maniaque des conversions » !
  • Faire toutes les tâches ingrates nécessaires à son petit gain d’argent (on ne part pas dans un pays sous-développé quand on est pété de thunes :D)
  • T’engager à être pris pour un con, et pas qu’un peu

Bon, ce dernier point n’est qu’en filigrane, je vous l’accorde, mais le coup de grâce dans cette annonce m’est donné par cette petite phrase amusante (Stan ne manque vraiment pas d’humour, on ne peut que le constater !) :

« Vous devez être capable d’organiser votre travail de façon indépendante. Je ne vais pas être sur votre dos pour vous dire quoi faire quand. »

Ben non tu vas pas faire ça… Parce que t’es pas mon patron, hein, garçon ? Non, même pas en rêve, même pas un peu, même pas « peut-être », la Madame a dit non. La Loi aussi, si tu as vraiment besoin de ce rappel…

 

 

Moi aussi je veux participer à ton rêve, Stan !

 

Et c’est donc pour cela que je me fends d’une petite candidature publique. Car, vous vous doutez bien que je ne peux pas résister à une telle offre alléchante, j’ai envie de réussir, comme Stan ! Ne prône-t-il pas de belles valeurs comme « croire en ses rêves » ? « Etre heureux au travail » ? Etc…

Forcément, bosser « pour lui » serait un bon moyen d’atteindre ces objectifs !

« Hey, mais Camille, t’as pas peur que Stan il te chie dans ton jardin ? » Non. Parce que stan a rendu tout ça « public ». Parce que la page de recrutement peut être partagée sur les réseaux sociaux (ce que je vous invite à faire, évidemment :3 ) et que le document à remplir et à renvoyer est… Un google doc dont l’url se chope sur la première page. Autre point : il n’y a ni mention légale, ni mention de confidentialité. Et enfin : Je m’en bats les couilles, viens, Stan, j’ai pas d’jardin…

Ok Stan, on y va :

« Candidature Assistante Marketing, Camille Gillet »

Informations de base

Donnez moi votre nom / prénom : Bah… Gillet Camille, j’pensais pas que l’inversion rendait l’info incompréhensible…

Où êtes-vous basé en ce moment ? Dans le pays que toi et tes copains adorez détester. (D’ailleurs, t’as toujours la nationalité, avoue…)

Quelle est votre adresse email : Bah.. Vu que je t’envoie ma candidature par mail, normalemnt, tu l’as… Mais c’est comme le prénom+nom, faut répéter, c’est ça ? P’t’ain, on peut parler tout de suite d’une augmentation, stp ?

Combien d’heures par semaine (maximum) seriez-vous dispo ? Bah ça dépend de mes clients… D’ailleurs, c’est quoi cette question, j’suis Freelance, on devrait pas plutôt parler de ton projet et de ton budget pour ça ?

Faites un screenshot de la vitesse de votre connexion, et ajoutez-le dans le document ici : Alors d’une, c’est une info qui ne regarde que moi, de deux, j’aimerais bien savoir en quoi ça va t’aider pour savoir si le débit va être bon à l’autre bout…

Faites un screenshot de votre vitesse de frappe, et ajoutez-le dans le document ici : Ça, ça m’a perdue. On peut faire un screen d’une vitesse de frappe de clavier ? Un screen, c’est pas statique ? On utilise quoi, un logiciel pour mesurer ça ? Dis Stan, tu peux faire une fiche qui tient un peu la route ? Quitte à se prendre pour un patron, tente d’en avoir la cohérence…

 

Parlez-moi de vous

300 mots max par réponse SVP 🙂

Pourquoi voulez vous ce poste ? Mais je veux pas de poste ! Je suis Freelance, je vais pas prendre un poste de salariée en plus ! Et on peut pas être « freelance d’un patron ». Moi je voudrais surtout savoir pourquoi toi t’as besoin de moi. En tant que prestataire, ça se fait plutôt dans ce sens.

Quel est votre objectif pro à 3 ans ? C’est quoi cette question ? Tu l’as piqué où ? Dans « Recruter pour les Nuls » ou « Conseiller d’Orientation frustréMag » ?

Questions facultatives

Notez votre niveau de familiarité avec mon travail de 1 à 10 : Ya pas « 0 » ? Parce qu’en fait, avant de voir cette « offre  d’emploi », je ne te connaissais pas. Je sais, ça fait tache, tu es super bon markéteux et tout et tout… Mais j’aime bien l’honnêteté, je suis certaine que toi aussi, Stan…

Comment est-ce que mon co-présentateur de podcast gagne sa vie ? Ah parce qu’en plus vous êtes deux à faire en sorte qu’on ne vous connaisse pas ?!

De quel projet que vous avez mené à bien êtes-vous le plus fier ? Pourquoi ? (Donnez-moi des liens si applicable) : Pourquoi ? Pour qu’on se la compare ? Bah écoute : j’arrive à vivre de mon métier… En restant sur le sol Français. Hey Stan, Staaan ? Ca va ? T’es tout blanc !

Si vous avez d’autres projets en ligne qui illustrent vos compétences ou votre travail, vous pouvez me donner les liens ici : T’inquiète, ça vient…

 

Pas de conclusion cette fois-ci

 

Parce que si je devais vous chiffrer le prix de ce billet selon mes tarifs, je provoquerais probablement une vague de suicides chez les « braves » ayant réellement postulé à cette mascarade.

Mais si Stan notre « LeLoup » qui se rêve de Wallstreet n’est qu’un énième phénomène qui se torche avec nos lois et qui profite de la crédulité des gens, finalement, les vrais responsables c’est nous : nous qui acceptons ces postes comme des cons en se disant qu’on vaut pas mieux et que… Oh, je laisse tomber, je passe mon temps à militer pour des faibles qui adorent se faire enculer.

Alors…

« Toussez mes braves, toussez »

 

Sur le même sujet, Acontrario avait consacré un billet entier pour dénoncer ces pratiques. Avec humour et informations, le billet fait plaisir et du bien, n’hésitez pas à leur rendre visite 🙂

Camille Écrit par :

Actuellement : Zerg de mauvais poil Evolution ultime : Mutalisk relativement polie Vend les mots comme du bétail, prostitue les idées, et maltraite son clavier. Ecrit parfois pour de vrai, quand on lui fout la paix.

45 commentaires

  1. 4 octobre 2016
    Répondre

    Ton article fait oeuvre d’utilité publique. L’annonce a été retirée et c’est tant mieux. Avec ta patte et ton humour, tu mets le doigts sur quelque chose d’essentiel, de gravissime et de tout à fait central dans nos sociétés.

    La personne qui a écrit cette annonce est dans la négation totale des droits et du bon sens : aux antipodes de la société libre mais aussi saine qu’il faut construire.

    Je te trouve particulièrement courageuse d’avoir cité de front le bonhomme, à l’heure où la classe des indépendants est de plus en plus morcelée, que les syndicats ne sont plus que quelques épouvantails pour des gens comme toi, c’est, je le répète, un acte d’utilité publique.

    Bravo.

    • 4 octobre 2016
      Répondre

      Merci, et c’est terrible que l’on parle de courage lorsque l’on dénonce des pratiques illégales, et – si on me permet d’y ajouter un jugement personnel – amorale.

      Il est important d’informer les freelances qui sont de plus en plus victimes de ces abus. Mais également des salariés que l’on pousse à devenir freelance. On appelle ça « L’Uberisation » en faisant de gros ronds de bouche, mais cela ne change malheureusement pas le problème : il s’agit d’une grosse précarisation qui est à la clef, et je ne parle pas d’un problème à échelle personnelle, mais bien sociétal.

      Espérons que nous serons de plus en plus nombreux à témoigner, ou à observer et à pointer du doigt. Car c’est comme cela qu’on avancera, et on est à un moment charnier de notre économie (du moins, je le crois…)

      Merci pour ton passage et ton commentaire !

  2. 4 octobre 2016
    Répondre

    Je vais juste dire un truc, mais avant, je demande à DarkSEOChoupinet de bien vouloir s’éloigner de l’écran.
    Donc, juste un truc : Mais je te t’aime toi !!!!

    • 4 octobre 2016
      Répondre

      Promis, on censurera ce passage, on lui dira que c’était hors-contexte, qu’il prélève une phrase, qu’il a mal interprété… (Merci ^^)

  3. 5 octobre 2016
    Répondre

    Salut,

    Je suis le co-présentateur en question du podcast (ce qui déjà me fait perdre de la crédibilité haha), mon principal problème c’est que tu le connais pas et donc tu vois ça sous un spectre pré-établi, un arché-type de web marketeur que tu t’es créé. J’ajouterais que je ne suis pas web-marketeur et que je ne vends que des produits physiques, donc pas de réputation particulière à protéger.

    Quelques points :

    1) Le mot « recrute » n’est peut-être pas le bon, mais de façon générale il est très utilisé pour les freelancers. Y a rien qui parle d’exclusivité. Et le lien de subordination existe avec un client.

    2) Pour les 10€ de l’heure, on s’accordera que c’est peu. Mais je pense que 200h par mois pour 200€ avec horaires totalement flexibles c’est correct pour un étudient qui souhaite complémenter ses revenus.

    3) « Je ne vais pas être sur votre dos pour vous dire quoi faire quand. » ». Tu interprètes cette phrase à ta façon, je pense que la signification c’est qu’en gros tant que la personne fait les tâches attribuées, la manière et quand elle les fait n’a pas d’importance. Si elle veut tout faire en 5h d’affilé le lundi, c’est son choix. Là encore ça peut être considéré plus attractif que de devoir pointer à une heure précise chaque jour.

    4) Pour le pays que t’adores détester. Là justement on rentre dans ce qui est plus proche de la diffamation je trouve. Qu’est-ce qui te fait avancer cela ? Justement dans le podcast on regrette à plusieurs reprises que la France se fasse parfois lynché par les français de l’étranger, je a aussi insisté plusieurs fois sur à quel point on était reconnaissant d’être français. Donc attaque totalement à côté.

    5) Pour la familiarité avec son travail (et avec mon occupation, je savais pas qu’il avait ajouté cela) je ne vois pas de gros scandale. La communication et autre sera bien plus efficace s’il comprend déjà nos enjeux, il sera plus motivé s’il apprécie le résultat final etc.

    6) Sur ton point 6 encore une fois ça n’a aucun sens, il est auto-entrepreneur français, vit 6 mois par an en France…

    7) « qui se rêve de wall street ». Là encore attaque ad hominem totalement à côté de la plaque, si tu connaissais un peu son contenu tu saurais que c’est aux antipodes de cela. C’est même un de nos thèmes principaux sur le podcast, que l’argent est très très loin d’être la priorité.

    8) Dernier point, tout est carte sur table. Certes ça ne justifie pas tout, mais il n’y a rien de caché dans cette annonce. Et encore une fois, elle ne te concerne pas, elle concerne plutôt un étudiant qui apprécie les podcasts et qui souhaiterait gagner un peu plus avec des horaires très flexibles. Je ne sais pas si tu as un étudiant dans ton entourage ou si tu l’étais récemment, moi tu me proposais ce boulot je prenais direct, pour comparaison j’ai traduis des sites porno pour $1 à $3 de l’heure.

    Bref, autant pour l’annonce en elle-même je peux comprendre les critiques, pour les attaques ad hominem je pense qu’il vaut mieux connaître la personne avant de les faire. C’est dommage pour le coup, parce que sur certains web marketeurs ça serait tombé juste mais pour Stan que ce soit sur sa haine supposée de la France où ses rêves de richesse ça colle pas. Tu peux dire autant que tu veux qu’il est qu’un « octet » dans la machine, quand tu rabaisses quelqu’un comme ça ça serait la moindre des choses d’essayer de se renseigner un peu avant.

    J’espère sincèrement que tu répondras à mon commentaire sérieusement sans tout tourner en dérision ou avec l’angle qui te convient, cela serait serait un peu trop facile.

    • 5 octobre 2016
      Répondre

      Salut,

      Du coup, vu que c’est le même commentaire sur Facebook, je vais sensiblement te répondre la même chose :

      Il n’y a pas de lien de subordination entre un client et un prestataire, même « façon de dire ». Que la forme et le fond vous touche tous les deux, c’est une chose parfaitement compréhensible et normale. Que vous ayez besoin de répondre en longueur avec autant d’émotivité, je pense aussi que c’est une réaction normale.

      Cela étant, ça ne justifie nullement d’ignorer les lois que vous vous devez d’appliquer dans votre démarche d’entrepreneur. Dire « je ne savais pas » est possible, car on ne sait pas tout, mais ce n’est pas sérieux. Quand on fait un recrutement, on se renseigne. Et si on ne recrute pas… Et qu’on fait un appel d’offres, on se renseigne aussi.

      Oui, c’est grave ce que vous faites. Vous êtes jeunes, très probablement pétris de bons sentiment, mais c’est grave. Parce que ça participe à cette nouvelle mouvance globale qui consiste à dire que, finalement, le Code du Travail et tout le reste sont anecdotiques.

      Quant à ta peine sur ce que j’ai écrit Paul, c’est comme ça.

  4. 5 octobre 2016
    Répondre

    20h par mois *

    Dur de partir dans une diatribe dès le matin.

    Lapsus révélateur de ma part, 200h pour 200€ par mois c’est ce que je paie mes 82 freelancers malgaches (non je déconne, j’en ai pas).

  5. Hello,

    Bel article !

    Est-ce que j’ai un droit de réponse ici ? Je vais tenter au cas où :

    1. CONNARD DE TRAÎTRE : J’aime bien la France, mais je ne partage plus ses idées et ses buts – c’est pour ça que je suis parti m’installer à l’étranger.

    2. LA LOI : sur ce point je ne savais pas, donc je me tais. Merci Camille pour l’info.

    3. LA MORALE : là dessus on n’est pas d’accord. Pour moi, à partir du moment où je dis *dès la première phrase* le salaire, je n’arnaque personne. Si on trouve que c’est trop bas, on ne prend pas.

    4. COCORICO : dans 90% des cas, ce type d’offre recrute des gens dans des pays où 10 € va beaucoup plus loin (mon ingé son est un français expatrié en Thaïlande).

    5. ATTAQUES PERSONNELLES : là ça va, ça ne me dérange pas. Tu verrais mes commentaires YT haha

    ***
    Je rajouterai un dernier ptit point car je ne peux pas m’empêcher : mes question ne sont pas débiles 🙂 . Après je comprends tout à fait le besoin de faire de l’exagération pour un objectif d’humour etc…

    • 5 octobre 2016
      Répondre

      Salut,

      Merci, et pour en finir avec ça, car l’un comme l’autre vous aviez cette peur : « Est-ce que j’ai un droit de réponse ici ? Je vais tenter au cas où : »
      Oui. C’est marrant, car vous avez instinctivement peur qu’on vous « censure ». Non. Pas chez moi, détendez-vous, vous n’êtes pas dans un milieu que vous connaissez, ici, ma cohérence va jusqu’à vous laissez m’insulter si ça peut vous faire du bien (et me faire rire, si vous avez de l’imagination ^^).

      Sur le fait que tu comprennes l’exagération liée à l’humour, on est sur la même longueur d’onde, et habitué à YT, tu dois en voir des pas drôles du tout, et des vilaines aussi (sans parler des « Preum’s, lol »). Du coup, je ne peux que saluer le fait que tu ne prennes pas trop à coeur cette forme !

      Je ne crois pas avoir marqué « connard de traître », et ce n’est d’ailleurs pas mon avis sur les expat’s. Je reproche en revanche souvent cette haine que peuvent avoir certains d’un vieux pays qui leur donne encore à manger.

      Loi et morale : La loi, tu sauras, et même réponse qu’à Paul : on ne se lance pas à l’aveuglette quand on est entrepreneur. Parce que tout le monde risque très gros. Ce n’est pas un jeu, et ces organismes dont on parle n’ont absolument pas le sens de l’humour… Quant à la morale, ça reviendrait à dire que la personne qui se fait arnaquer (par exemple) est seule fautive « car elle a choisit ».

      Sur le cocorico –> Je sais, j’ai deux articles dans le genre qui traitent du sujet. Et la levée de boucliers est telle qu’à force, j’vais monter une compagnie et vous apprendre à faire la tortue ^^

      J’pense qu’on a fait le tour.

  6. 5 octobre 2016
    Répondre

    Bonjour Camille,
    Rigolo ton article sur lequel je suis tombée alors que j’écoutais le podcast de Stan justement où malgré une certaine immaturité, il ne dit pas que des conneries…
    Je pense que cette annonce est tout simplement destinée à des free-lance francophones basés hors France. Libre à toi de l’ignorer superbement
    C’est un peu cruel de l’utiliser comme bouc émissaire car il est loin d’être le seul à recourir à ces méthodes dans le monde de l’infopreuneriat.
    J’ai défendu le droit du travail pendant bien longtemps quand j’étais salariée mais nous sommes dans une société mondialisée que bien des gens ont participé à développer à cause de leurs choix de consommation. Et puis les malgaches ont besoin de travailler autant que les français et même plus … À chacun (des indépendants français) de proposer une valeur ajoutée ou une spécificité pour trouver ses missions, payée à un coût qui permet de vivre en France. Ne crois tu pas ? Personnellement, je sais que cela est possible. Même en collaborant avec des infopreneurs.
    Bien cordialement.

    • 5 octobre 2016
      Répondre

      Bonjour Axelle,

      Je doute que cette offre soit destinée à des « freelance fracophones basés hors de france », car ce n’était pas notifié, et de ce fait (mais on va dire que j’y tiens), la lecture de l’offre se fait au regard de l’endroit où elle est postée : sur un site hébergé en France, avec en page de contact une adresse… En France. Après, je ne suis pas juriste, mais j’paie volontiers le café à celui qui me démontre l’inverse.

      Et puis les malgaches ont besoin de travailler autant que les français et même plus …

      Je t’invite à lire mon article sur les prix en rédaction web, et à lire les commentaires des quelques « bienheureux malgaches » à ce sujet. Ca, c’est le faux argumentaire assez classique, que beaucoup de profiteurs aiment à brandir.

      Je sens qu’on va tourner en rond d’ailleurs, je sais pas pourquoi…

    • 5 octobre 2016
      Répondre

      Non mais on croit rêver. Personne ici n’est en mesure de prendre un véritable recul sur la teneur de cette annonce et ce qu’elle révèle du marché du travail. Personne à part Camille j’entends.

      Pour commencer, Camille n’est pas immature, loin de là. Son ton est franc, décalé, jovial et parfois corrosif, mais pas immature. Pour tuer un chien, on dit qu’il a la rage. Camille n’a pas la rage.

      L’annonce ne précise pas du tout à qui elle est destinée géographiquement, je regrette. Quasiment tous les auto/micro sont en France, et je ne vois pas en quoi le fait de proposer cette annonce hors de France change quoi que ce soit à ce qui est écrit ici et qui parle du fameux Droit du travail (si cher à tout le monde, dirait-on).

      Bouc émissaire ? Il est loin d’être le seul ? –> Tant pis, c’est tombé sur lui. Je ne vois pas en quoi le fait fait de s’adonner à des pratiques aux bords de la légalité est légitime sous prétexte qu’elles sont légion. C’est penser à l’envers.

      Enfin, rentrons dans le fond du sujet : la consommation. C’est tellement abscons de réduire ça à « un choix de société ». Les choses sont tout de même un peu plus complexes. Loin de moi l’idée de rentrer dans une explication professorale de ce qu’est « la société mondialisée » et le rôle des individus dans sa formation (on pourrait parler du rôle des multinationales, du rôles des organisations supra-étatiques, le rôle du marketing qu’on connaît tous bien), bref, non, ça n’est pas qu’un choix personnel. D’ailleurs ça se sent particulièrement en France en ce moment.

      Concernant les malgaches, c’est vraiment très attentionné de ta part de leur apprendre ce qu’ils ont besoin de faire ou ne pas faire. En revanche, c’est montrer une méconnaissance totale des rapports de force entre offreurs et demandeurs de travail (j’ai pas dit Capital hein, je suis poli) qui dirigent tout simplement la vie entière d’individus « fourmis », ici « les malgaches », là bas « les chinois », et ne parlons pas des « enfants du Bangladesh » (l’usine ou la rue ! le choix est vite fait en effet !). Et puis il faut bien construire nos iPhones et tisser nos fringues H&M. Et le fait de rajouter que si le salaire « est trop bas », et bien ils n’ont qu’à aller voir ailleurs… (je n’ai même pas envie d’épiloguer là-dessus tellement cette assertion à 150 ans de retard).

      Alors certes, connaître la réalité du monde est une chose, vouloir le changer en est une autre (et puis c’est qui encore, ce bobo qui parle ? On le sait bien que les Chinois bossent comme des… Chinois !).

      Mais préjuger de leurs besoins à leur place, c’est juste un énième argument néocolonial en carton. Comme si les peuples n’étaient pas capables de trouver leurs voies tous seuls (Rien, mais alors RIEN ne dit que cette organisation internationale du travail bénéficie aux gens qui travaillent vraiment, pas les quelques-uns qui monteront une autre boîte sur leur pauvreté). Au bout d’un moment, il va vraiment falloir penser avec d’autres fondements théoriques que Smith et Ricardo.

      Le nivellement par le bas, ça n’est pas une solution. Qu’on aille ou non dans les extrêmes (j’ai bien compris que la personne qui a écrit cette annonce n’a aucune velléité d’esclavage, oui), ça en dit long sur le rapport qu’on entretient avec le travail.

      En résumé, il y a juste un écart dans les valeurs. En tant qu'(ancien) entrepreneur, et actuel salarié, je le résumerai comme ça :

      Une société qui n’est pas capable d’inventer un business model et a fortiori une proposition de valeur suffisamment sexy pour engager des salariés ou autre à l’intérieur du Droit (et donc de la cohésion de la société toute entière) est tout simplement une société qui n’a pas sa place sur le marché, ou alors pas longtemps. N’importe qui peut vendre n’importe quoi en profitant de la précarité des uns et des autres. Peu d’entreprises parviennent en revanche à faire profiter tout le monde de son activité. C’est très dur, c’est presque même mission impossible parfois, mais c’est ça la beauté de entrepreneuriat.

      Alors peut-être que cette société a besoin de se développer, de grandir avec une certaine flexibilité. Peut-être qu’elle sera un jour en mesure d’avoir des salariés conquis et heureux. Mais avant, il va falloir changer de posture, de vocabulaire. Et commencer à respecter le Droit.

  7. 5 octobre 2016
    Répondre

    Ton fond est bon Camille, dénoncer le 10€ par heure, c’est « bien » (dans certains cas précis).
    Pour CE taf et CETTE valeur apportée (attendue), OUI, 10€ par heure c’est trop peu.

    Mais la forme… Come on…
    Attaques perso = meilleure façon de détourner le débat « utile ».
    C’est dommage. Je fini donc en ayant envie de dire « Mouai, merci Camille, article de m*** pour dire du mal d’un mec qui fait pas tant de mal que ça ».

    Alors que j’aurais aimé partir en me disant « Merci Camille, article utile pour déclencher le débat entre acteurs de ce petit monde (pas si pourri que ça, tu devrais le noter) du SEO / webmarketing, etc.. sur la réelle valeur du travail.

    Voilà, voilà 🙂 Au plaisir.

    • 5 octobre 2016
      Répondre

      Hello Kevin, le fond n’est pas du tout sur les 10€ en fait (même si je relève le point, évidemment ^^).
      La forme, vous vous en remettrez, vous êtes quelques uns à frisonner, mais ça vous passera, je sais que le Web est aseptisé au point tel qu’on en vient à croire que mettre des points d’exclamation participe de l’émotion ; je ne peux du coup pas te répondre sur ce point.

      Du coup, t’es déçu… ? Il ne faut pas, voyons !
      En revanche, pour le débat, apparemment il a eu lieu sur Facebook (ce qui me change d’ailleurs d’ici, car c’est trop long à chaque fois de répondre à tout le monde.). Il a tourné en rond (le débat) comme d’habitude finalement, avec les argumentaires de base, mais certains ont tenté des pistes, qui n’ont pas été prises.

      Bref, le bla bla habituel dès lors qu’on dit autre chose que la grosse tendance du « Boah, après tout… C’est pas si grave ». Une journée de remue-ménage normale pour ce genre d’article, avec les réactions qui vont avec (faites-moi penser à dégager des archétypes d’ailleurs, ils se profilent).

      Cela dit, si ce blabla t’intéresse, il me semble que c’est sur le profil de Stéphane Briot. Bon courage, les conversations se chevauchent, et surtout ne s’écoutent pas. Chacun y va de son prélèvement qui… Bon, on le redit encore : faire tourner une mayonnaise qui ne prend qu’aux yeux des plus sensibles.

      La bonne journée !

  8. Flo
    5 octobre 2016
    Répondre

    Sérieux c’est flippant, vous pensez vraiment que des gens répondent à ce genre d’annonce ?

    • 5 octobre 2016
      Répondre

      Oui, j’en ai vu justement sur celle-ci (me demande pas comment, c’est un concours de circonstances amusant(es) ^^)

  9. Fab
    5 octobre 2016
    Répondre

    10€ c’est pas scandaleux, ça permet de très bien vivre dans beaucoup de pays francophones (du Maghreb, Madagascar – en moyenne 2 à 5€ /h – le gros du marché des VA francophones) et même pour certains expats dans des pays exotiques.

    Bon après je comprends car visiblement cet article a été écrit comme si la France était le seul pays du monde et que l’URSSAF était le régulateur mondial des finances 🙂 🙂

    • 5 octobre 2016
      Répondre

      Etape 1 : Lire mes articles sur les prix en rédaction et sur nos restes de colonialisme

      Etape 2 : Relire cet article qui ne traite pas de ça en priorité (pourquoi faut-il toujours que votre genre de personnes cristallise sur l’argent, hein ?)

      Etape 3 : Savoir contextualiser un texte et une situation (exemple : une entreprise recrute sur du fr en fr, elle est soumise à la réglementation fr. Et ça n’est pas sujet à interprétation)

      Etape 4 : Méditer le besoin de suivre ces étapes, car on n’a pas su lire un texte, mais en passant une bonne journée quand même 🙂

    • Flo
      5 octobre 2016
      Répondre

      Je ne sais pas au t’habites mec mais certainement pas dans la même galaxie que nous

  10. 5 octobre 2016
    Répondre

    Bonjour Camille,

    Je partage presque tout ce que tu dis. Les annonces de ce style qui fleurissent de plus en plus me laissent un goût amer sur la valeur donnée au travail. Ca rejoint une réaction que j’ai lu il y a peu d’une agence de comm qui recevait des candidatures de personnes prêtes à travailler gratuitement.

    Il y a un point où je ne suis pas d’accord, enfin si j’ai bien compris ton point de vue, celui en rapport avec le droit du travail et l’urssaf : un freelance ne peut avoir un seul client.

    Je sais que l’urssaf le voit comme ça, c’est la loi, mais je connais bcp de freelance qui ont un seul client, sont payés 500€ / j, gagnent très bien leur vie, bossent en télétravail, depuis des années, et ne seraient jamais prêts à se faire embaucher par leur client.

    C’est hors la loi – sauf si je comprends mal la loi – mais au final, tout le monde y trouve son compte entre freelance et entreprise. Est ce un problème ?

    • 5 octobre 2016
      Répondre

      Salut Bastien !

      C’est trash ce que tu racontes sur les boîtes qui refusent des candidatures de personnes prêtent à « travailler gratuitement », on appelle pas ça du « bénévolat » ou « esclavagisme », d’ailleurs… ? Ca dit long sur la détresse, et l’importance accordée au travail. Et surtout, ça interroge sur l’urgence de revoir nos lois et sociétés, peut-être même notre marché, qui ne pourra jamais éponger le nombre de demandeurs toujours plus croissants (qui n’arrivera jamais à endiguer les destructions d’emploi).

      Pour te répondre : oui, ça peut arranger tout le monde. Et ça se fait très souvent discrétos, on le sait. Mais c’est illégal, et ça pose souci parce que… Tantôt c’est le « client frauduleux » qui prend, tantôt c’est le freelance.
      Que la loi ne soit pas adaptée à notre monde, c’est une chose, mais elle est là pour une raison. Pourquoi être freelance et se prendre ET les cotisations, et la précarité, et le fait de ne pas cotiser à son chômage, etc. etc. ?

      C’est un vrai souci. D’où le fait qu’il faut :

      1) Que chacun fasse respecter le cadre légal surtout en ces temps (et Mais Où Va le Web a été plus complet sur le sujet que moi).
      2) Je pense qu’on devrait tous pousser les élites à se pencher non pas sur la durée légale du temps de travail (question obsolète sur un marché en PLS…), mais plutôt sur une nouvelle proposition de cadre légal et protections sociales pour tous.

      Je lâche le mot ici, car j’ai honte de rien (et certainement pas de défendre mes idées), mais je crois très sincèrement aux pistes tournant autour du Revenu Universel de Base, accompagné de cotisations et comptes personnel, et non plus sur des contrats, avec baisse de charges globales sur l’embauche et la production, et taxes sur la consommation.

      Pour ces derniers points, soyez indulgents, je ne suis pas économiste, ni très calée (au contraire, je ne suis qu’une citoyenne ayant des convictions qui s’affinent) ; j’aurais donc du mal à défendre concrètement avec chiffres, etc. Mais je crois cependant qu’on est face à un des enjeux majeurs de ce siècle, et qu’il faut que l’on s’y mette. Car nous, déjà, nous sommes un peu niqués de ce côté.

      • 6 octobre 2016
        Répondre

        Merci pour ta réponse claire, détaillée, intéressante et super rapide en plus !

        Supprimer les niches fiscales ? Vous n’y pensez pas ! Pas en France ! Le revenu universel me fait aussi rêver mais j’ai peur que comme souvent, il soit mal mis en place ou mal utilisé. Mais ça serait déjà bien de faire des tests comme dans d’autres pays.

        Pour en revenir à ma question, je reste qd même sur mon point de vue. Je te cite « Pourquoi être freelance et se prendre ET les cotisations, et la précarité, et le fait de ne pas cotiser à son chômage, etc. etc. ? »

        Un freelance qui est à 500€/j, 20j/mois, et j’en connais, soit 10k€ / mois de CA se payent une très bonne rémunération, une très bonne mutuelle, cotise au plus haut de la retraite et rembourse très vite leur emprunt (qu’ils ont pu faire facilement). Ils bossent qd ils veulent et partent se promener qd il fait beau pour bosser plutôt le soir (si si, ça existe).

        Tu pourrais me dire que c’est une exception mais j’en connais pas mal. Et ils sont très contents de cette vie, « précarité » ou pas. Et vu la situation, la précarité des salariés n’est pas très enviable.

        Mon statut de freelance me va bien. J’en connaissais les plus et moins avant de commencer. J’aimerais surtout que les indépendants aient un accès plus simples à un logement ou un crédit, aussi simple qu’un employé d’EDF ou d’Airbus – là je divague complètement.

        Pour en revenir à « un seul client », un truc m’échappe. Je fais travailler un freelance qui a 2 clients. Il en perd un. Il en cherche un autre mais la conjoncture fait qu’il en trouve pas de suite. Ca prend des mois. L’urssaf contrôle à ce moment là. Je suis son seul employeur. Salariat déguisé ? En attendant, le contrat avec ma société lui permet de garder la moitié de sa rémunération. Il en est content et il sait qu’il doit retrouver d’autres clients. Mais c’est la vie d’un freelance. On en a tous perdu et gagné.

        Comme tu dis, le monde change et il faut tout revoir. Le pb c’est que nos dirigeants ont jamais eu pour la plupart de contrats de travail, encore moins versés des salaires ou gérés une entreprise. Dc difficile de se mettre à notre place. Tu parles de chômage pour un indépendant quand Hollande continue à cotiser à la retraite pour un poste à la cour des comptes où il est resté qq mois. Le chômage pour lui, c’est un chiffre qui, s’il baisse, lui permettrait de se faire réélire.

        • 6 octobre 2016
          Répondre

          Re Bastien,

          J’essaie de répondre à tous (et j’avoue être moi-même surprise d’avoir pu à peu près être là pour tout le monde aujourd’hui malgré mon travail 😮 ), cela dit, je vais être plus rapide je pense cette fois-ci ^^

          Sur le RU –> J’ai aussi peur qu’il soit mal mis en place. Je pense au fait qu’il est pas mal pris par certaines personnes considérant qu’on peut le placer sous le seuil de pauvreté (ce qui me semble assez… Heu cynique, quand on y pense). Du coup, si c’est pour rendre les gens plus pauvres qu’ils ne le sont, ça n’est pas la peine.

          Oui, je vois ton avis sur la précarité, ces cas existent, l’inverse (et c’est en tout cas la grande majorité avec laquelle j’ai pu papoter) aussi. Peu importe combien tu gagnes, emprunter pour t’acheter une baraque n’est pas toujours simple (j’ai vu encore le cas avec un entrepreneur – dont je dois taire le nom – qui voit sa boîte exploser tant elle est lui rapporte, mais qui… Est piné quand même.
          Est-ce que ces personnes s’en sortent aisément avec une famille derrière à faire tourner ? Je pense que c’est possible (rare, mais possible, et il faut se raccrocher à l’idée), mais la précarité et la famille, ce n’est pas toujours évident.

          Attention : pour moi la précarité, c’est une notion vraiment personnelle qui finit par se heurter aux définitions sociologiques de pauvreté. Je pense qu’à partir du moment où tu as : le toit, la bouffe, les fringues, les factures de base et le moyen de t’offrir des plaisirs rares, mais de temps en temps, le compte commence à se faire. (Note : un plaisir, chez moi, ça peut être juste une bière en regardant mon superbe moulin sur la colline, là encore, c’est subjectif, mais je voulais donner une estimation « financière » ^^).

          Bref, oui : le statut de Freelance est pareil à celui de salarié aujourd’hui. Tu ne sais pas de quoi demain sera fait (c’est dire l’urgence à se pencher sur notre système pour les contrats normaux !), et on est d’accord qu’il faut une stabilité à tous. C’est bien trop important, et humain (le truc qu’on oublie tous, ah ah ah), pour être passé à la trappe !

          Je saurais pas te répondre. Les exemples de « baise » dans le genre sont légion, et tu vois, à une époque, je me suis retrouvée avec un client unique (ignorante que j’étais) et heureusement que l’URSSAF ne m’est pas tombé dessus. En plus, moi c’était en mode : « J’vais arrêter avec bidule qui me bouffe du temps pour rien, pour me consacrer pleinement à Machin qui paie pas des masses, mais j’aime bien ce que j’écris avec… »
          Le truc de débutant, tu vois…? Et c’était je sais plus qui dans mon entourage qui m’avait alertée, et suite à cela, je me suis mise à farfouiller sur le net, et… On connait la suite. J’ai livré tout ce que je savais à ce sujet. La qualif’ exacte et au moment clef, je suis infoutue de te le dire. Il faudrait demander à un juriste pour le coup, et même là, je me demande s’il ne nous dirait pas « ça dépend », tu vois… Peut-être est-ce une question de durée dans le temps ?

          Si je souscris à ta vision de la classe politique, en revanche, je ne suis pas d’accord : Hollande ne pourrait être réélu sur le chômage. Déjà que je ne comprends pas à quel moment il a cru qu’on ne l’avait pas spotted sur Alstom (en mode « Ballec pendant 5 ans, sauf six mois avant l’élection… »)… Non, je pense que c’est mort. Même « face à Sarkozy », il ne regagnerait pas sur la promesse de s’en débarrasser, car on a bien vu que l’ambiance devenait plus méphitique encore avec lui…

          Je m’étends, et j’avais dit que je me devais d’être courte, il est tard, et j’en ai mal à la tête.

          Tout ça pour dire que : je ne suis pas persuadée qu’on arrive, nous, à changer les choses (notre génération) à temps pour nous-mêmes, mais au moins pouvons-nous tenter de proposer mieux à nos gamins/neveux-nièces/pokémons. Parce que sinon, ça va s’effondrer sur soi-même, façon « étoile mourante ».

          Et on sait ce qu’il se passe ensuite d’après l’astrophysique.

  11. 5 octobre 2016
    Répondre

    Salut Camille,

    Hélas, mille fois hélas, les billets comme le tien, les sites comme le mien – Cooptations – , et les centaines de sites qui ont eu leur heure de gloire comme feu recruteursbidons ne sont qu’un épiphénomène anecdotique dans un monde en perte de valeurs, et surtout de sens.

    Je me rends compte qu’avec le recul, il y a toujours plus de gens à venir te dire que tu as tord, que c’est mieux que rien, que tu critiques ceux « qui essaient de s’en sortir » (sic). etc.

    La plupart du temps ces gens-là sont sincères et persuadés de faire quelque chose de bien. Ils sont dans leur bulle et essaient d’appliquer ce que de plus gros poissons qu’eux leur vendent.

    • 5 octobre 2016
      Répondre

      Hello Pierre-Emmanuel !

      Je pense que malheureusement, tu as raison : et sur la portée plus que limitée (qui borne les gens comme toi, d’autres, et moi-même à des « Résistants de paille et de principes), et sur l’auto-persuasion de bien-fondé et de bienveillance.

      C’est une question que je me pose souvent plus je « prends de l’âge » : « Est-ce que cela n’est pas vain ? » Si. En fait, si. Mais renoncer à dénoncer, renoncer à s’en amuser parfois, avec ce ton qui me caractérise, à me moquer, à leur faire faire des torsions testiculaires (car ce sont souvent des hommes qui se retrouvent les plus sensibles à ces billets) ; je ne peux tout simplement pas me dire « Bon, j’vais arrêter, j’vais faire comme les autres, ne rien dire, cautionner, et puis… Qui sait, un jour la solution viendra de façon transcendantale et peut-être même avec une jolie lumière ».

      Idéaliste, oui. Naïve, non. Et je suis profondément athée. D’où mon refus, mon incapacité à imaginer que la solution puisse venir d’ailleurs que de nous tous. Alors, comme un roseau faiblard, je me gausse, et je pointe du doigts.

      Est-ce que je risque réellement quelque chose ? Non. Il est temps de se rendre compte que non : les gens n’ont toujours que le pouvoir qu’on leur accorde sur nous-même (c’est de moi, c’est beau, hein ?). Je le répète souvent, mais parce que je l’applique. Cela fait longtemps que j’ai décidé que ma vie serait une pièce de Shakespeare où je jouerais que le rôle de Puck (ça parlera aux amateurs). Espiègle, maladroit et gratte-poils ^^

      En d’autres termes : oui, je sais. Mais renoncer, c’est renoncer à soi-même. Notre temps ici bas est trop court pour que je dis « oui » à tout le monde, « non » à tout le monde.
      Alors je dis « oui » à mes principes et aux bonnes choses, et « merde » au reste…

      Avec plus ou moins de voix selon les humeurs, faut l’admettre… 🙂

      Merci pour ton message ^^

  12. 5 octobre 2016
    Répondre

    J’ai ri, merci énormément pour cet article ! =D

    • 6 octobre 2016
      Répondre

      Hey, de rien Fabien !

      J’aime faire rire quand c’est volontaire (quand c’est involontaire, je préfère quand même que cela soit parce que la personne a su trouver un angle humoristique piquant et bon ^^) ! De rien, merci à toi !

    • 6 octobre 2016
      Répondre

      J’imagine, ça fait souvent ça du coup quand tu vois des choses inégales et injustes comme ça :/

  13. 6 octobre 2016
    Répondre

    Re,

    Merci pour ta réponse. Je ne dis pas non plus qu’il NE FAUT PAS réagir, ou qu’il est vain de le faire. M’est avis que le jour où les personnes épinglées dans ce billet se retrouvent à leur tour dans une position défavorable (parce que leur business est par exemple mis à mal par un moins-disant qu’eux, qui exploite encore plus) , elles ne viendront pas mettre à jour ce billet avec un commentaire du genre « tu avais raison Camille, à l’époque je n’avais pas compris la portée de ton avertissement, je croyais vraiment que j’allais devenir riche en travaillant 4 heures par semaine. » Hélas. Mais on peut toujours rêver 🙂

    • 6 octobre 2016
      Répondre

      Re, je t’en prie ^^

      J’pense pas en effet que ça change grand chose pour eux. En revanche, peut-être que ça fera se poser des questions aux freelances concernés. Type « est-ce que j’accepte ou non volontairement ? » et là, c’est chacun fait à sa sauce et joue avec les structures, risques, etc. Mais au moins, en sachant où ils vont…

      Mais laisser faire, alors que c’est anormal et illégal, c’est dire « faites comme chez vous ! »

      Enfin… Ca ne va changer le monde de personne, au moins, avons-nous rigolé un petit coup ^^

  14. Marc
    7 octobre 2016
    Répondre

    Ce qui est illégal est de travailler pour une seule personne en étant freelance. Je ne vois pas en quoi ce type d’annonce devient illégale alors que cela peut s’ajouter à d’autres contrats pour le dis freelance.
    Pour les 10 euros, je suis d’accord c’est trop peu, pour le reste rien d’anormal.

    • 7 octobre 2016
      Répondre

      Hello Marc,

      Le lien de subordination aussi… Le fait de recruter « à mi-temps » sous-entend une durée de travail quand même, en prestations, je n’ai jamais vu ça.
      Naturellement, je ne suis pas juriste (du coup, si t’as des infos plus précises, je suis preneuse !) mais cela dit ça ne me semble (à moi et à beaucoup d’autres apparemment) pas super en règles 😉

  15. Marc
    7 octobre 2016
    Répondre

    Le lien de subordination existe si le freelance travail pour une seule personne. Sur un contrat de 5 heures, il semble normal que le freelance cherche d’autres contrats, donc pas de liens de subordination. Enfin bon, je pense que la critique va beaucoup trop loin et j’aime pas beaucoup ceux qui aiment tes articles sans réfléchir… Je suis plus ou moins d’accord avec toi sur le fond mais la forme est beaucoup trop démagogique est au final tu te décrédibilise beaucoup plus que ce pauvre Stan.

    • 7 octobre 2016
      Répondre

      Ce n’est pas ce que j’ai compris de mes lectures, mais je ne saurais répéter assez que je ne suis pas juriste. C’est dommage que tu n’aies pas pris le temps de proposer peut-être d’autres exemples de textes que je puisse mieux comprendre, et qu’on puisse en discuter.

      Tu pars du principe que ceux qui aiment mes articles le font sans réfléchir, pourquoi pas… C’est à eux de se défendre car ils sont grands, mais vu les retours argumentés de leur côté, je trouve qu’ils ont une façon intéressante « de ne pas réfléchir » 😉

      Non. Mon style n’est pas démago. Même s’il peut plaire. Ou alors, tout ce qui est populaire devient démago et on ne s’en sort plus. Il me décrédibilise auprès d’une frange de personnes dont l’opinion ne m’intéresse qu’en de rares cas qui confinent à la coïncidence. J’aurais même tendance à croire qu’il y a une incompatibilité manifeste ET salutaire. Le plus lésé, de mon point de vue, ça n’est pas moi. Mais après on va encore dire que je suis orgueilleuse… !

  16. Marc
    8 octobre 2016
    Répondre

    Si tu te complais dans ton autocritique, cest alors bien l’essentiel. Enfin, pour le smiley dont seule toi comprends l’utilité, et à destination de tes followers, ceux qui ne réfléchisse pas, quand on dit je t’aime ou respect pour un article où il serait nécessaire que je réalise le travail de recherche et dont largumentaire laisse à désirer, je préfère laisser tomber. Il était pourtant trop tentant de réagir mais je ne rentrerais pas dans une guerre d’ego que tu semble déjà avoir gagné depuis de longues années ou encore dans des échanges de mots, d’émotions ou pire d’insultes, qui certes seront libérateurs mais en aucun salvateur de ta pensée unique, smiley sympa et clin d’œil.

  17. 11 octobre 2016
    Répondre

    Oh putain… le problème, c’est que c’est drôle. ^^ Enfin non, mais si quand même, et par ta faute !

  18. […] gros coup de coeur pour cet article ma foi un peu cru, mais tellement vrai sur l’enculade (pardonnez-moi le terme, mais c’est le vocabulaire utilisé et plutôt juste pour le coup) […]

  19. Denis
    9 novembre 2016
    Répondre

    Effectivement une annonce comme cela est d’une indécence crasse. Mais elle n’a rien d’étonnant. Cette annonce s’adresse aux autoentrepreneurs, le statut créer par Sarko pour casser le Code du travail. On le sait, les autoentrepreneurs cassent le marché ! Foutaise. Tout du moins si cela est vrai pour certains tous ne sont pas ainsi. Pourtant qui sont les entrepreneurs ? Une partie des ces gens sont des chômeurs qui en ont marre de ne pas trouver du travail et qui sont près à tout pour un peu de fric et un peu de reconnaissance professionnel et social. Je le répète, tous ne sont pas comme ça et il conviendrait d’éduquer ceux qui se bradent afin que l’autoentreprenariat ne soit pas cette arme redoutable pour contourner le Code du travail.
    Mais cela n’est pas le fin du fin, car si l’on regarde un peu les annonces salariées on trouve des choses édifiantes du style « tu connais tous les langages de programmation web, tu sais aussi faire du print, du design et de la 3D, tu es rigoureux, autonome, organisé et méthodique doté d’un bon relationnel. Viens bosser chez nous pour 1600 balles brut ! »
    C’est la totalité du marché du travail qui est soumis à la bassesse des employeurs. L’offre et la demande. Plus il y a de chômeurs, plus on peut exploiter les gens, en jouant sur la peur, sur la misère, sur le besoin.
    Le capitalisme n’a jamais été philanthropique et la victoire de Trump prouve hélas que les populations préfèrent subir le joug du capital plutôt que de renoncer à la haine de l’autre. À quoi doit-on s’attendre en France dans six mois ? Au même phénomène ? Je le crains. Il est plus facile de penser que le chômage provient de l’immigration que du capitalisme financier.
    Non, on se moque pas que des Freelances, on se moque de l’ensemble des salariés : les infirmières et infirmiers, les profs et les instits, les jeunes, les assistants sociaux, et les fonctionnaires en règle général, les employés de bureau, les techniciens, tous nous devons comprendre que nous sommes dans un contexte de surexploitation et non plus de lutte, mais de guerre des classes.

    • 9 novembre 2016
      Répondre

      J’peux pas vraiment dire « Amen », ça serait hypocrite de ma part, je me revendique trop Athée pour ça. Mais l’idée est là, putain d’Adèle.

      Déjà, j’aime beaucoup l’idée que tu rappelles ce qui peut conduire à l’entrepreneuriat. Ce n’est en effet pas nécessairement une question de projet, de rêves, etc. Evidemment qu’il y a quelque chose d’un peu solide et idéaliste derrière. Mais on sait quand même la vérité : créer son propre emploi n’est pas juste une phrase de campagne à la Macron.

      Je crois que tu mets le doigts sur ce qui nous fait défaut à échelle mondiale : les inégalités. Il y a en a trop. Entre les sexes, les peuples, les classes… C’est en train de générer une haine globale du voisin qui a soit-disant plus qui nous conduit droit dans les bras du populisme et du fascisme. Fait hallucinant, yen a presque « pas un » pour percuter que c’est une connerie monstre, mais passons.
      On reproduit un vieux biais (et il n’y avait pas qu’en 33, l’Histoire est pleine de ces moments), où l’on espère encore la solution miracle de façon totalement transcendantale et de préférence en marchant sur la gueule des autres, plutôt qu’une solution moins avantageuse à titre perso, mais largement plus équitable…

      Hélas, selon les imbéciles pendus au dollar-tout-puissant apparemment c’est une guerre de religions ou de civilisations. Difficile d’expliquer que moins de démocratie et d’équité nous mène droit dans le mur.
      Mate le replay sur Youtube de Guillaume Meurice (chaîne France Inter) sur les grandes écoles. C’était il y a quelques jours. Ecoute ce que proposent les « jeunes ». Et après reviens pleurer sur mon épaule, il me reste quatre larmes aussi :/

  20. Denis
    9 novembre 2016
    Répondre

    Oui, j’ai entendu l’interview dans les grandes écoles. Ce garçon à le chic pour trouver les vrais idiots. Peut-être n’est pas si difficile que cela après tout, mais il les mène (avec brio) à dévoiler toute leur palette de bêtise.
    Bon courage dans ta lutte, dans notre lutte, et merci pour ton courage.
    Pour ma part, cela fait trop longtemps que je suis triste, et il ne me reste plus de larme.

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